Les fillettes Lorie Lefevbre et Ann-Sophie Bachand ne s'entendaient pas sur ce qu'elles préféraient manger, mais semblaient peu s'en soucier tant qu'il y avait de la tire à déguster.

La saison des sucres bien lancée

Il n'y a pas que les premières émanations du printemps qui flottent dans les airs ces derniers jours, il y a aussi celles du temps des sucres.
L'eau d'érable et ses dérivés avaient déjà attiré plusieurs centaines de personnes à l'Érablière Érabilis, située 4666 chemin de North Hatley, depuis son ouverture le 1er mars et rien n'indique que ça arrêtera. «Je suis tombé dedans quand j'étais petit.»
«Le téléphone n'arrête pas de sonner, je suis obligé d'en refuser pour les prochaines semaines», indique le propriétaire, Jean-François Plante.
Si les raisons sont nombreuses pour les gens de s'arrêter au moins une fois par année dans une cabane à sucre, elles partagent néanmoins toutes un point en commun : le sirop d'érable. À cet égard, Catherine Ruscigno ne ressentait aucun remords de faire le plein.
«C'est ma première cabane à sucre de l'année et je suis vraiment contente! C'est le rassemblement, la nourriture, la chance de manger du sucre. Ce n'est plus un plaisir coupable, parce que tu n'as pas le choix de manger du sucre. C'est vraiment le fun. On n'a pas à se sentir mal et on peut se gâter», mentionne-t-elle.
«Les oreilles de crisse, c'est toujours bon, les saucisses dans le sirop, la tire, les oeufs, les crêpes... dans le sirop, énumère la jeune femme tout en terminant sa deuxième dose de tire. C'est simple, mets un aliment et ajoute du sirop.»Ne comptez pas sur son conjoint Francis Audet pour l'arrêter, lui dont la famille possède deux cabanes à sucre dans la région de Québec. Sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, ce dernier a littéralement baigné dans le sirop.
«Je suis tombé dedans quand j'étais petit, admet-il. J'aime le sucre et le sirop d'érable. Ça me rappelle de beaux souvenirs et c'est plein de traditions.»
Un sentiment qui semblait partagé par plusieurs enfants qui s'en donnaient à coeur joie avec leurs palettes et dont les visages des parents indiquaient que ces derniers en avaient sans doute suffisamment mangé.
Les fillettes Lorie Lefevbre et Ann-Sophie Bachand ne s'entendaient pas sur ce qu'elles préféraient, mais semblaient peu s'en soucier tant qu'il y avait de la tire à déguster.
«La tire, les saucisses, le jambon et les oreilles de crisse. C'est super salé, c'est super gras, mais c'est super bon», confie Lorie, qui dit aimer le Temps des sucres parce que sa fête est en mars.
Son père, Sylvain, a ajouté son grain de sel.
«Les grands-pères dans le sirop, c'est ça le meilleur», affirme-t-il, d'un air mi-sérieux, mi-amusé.