Danny et Tina Lamontagne entourent leur père Richard, le fondateur de Chocolat Lamontagne.

La recette du succès

Chocolat Lamontagne a su se bâtir, au cours de ses 35 ans d'existence, une excellente réputation dans le domaine de l'autofinancement. De nombreuses écoles et équipes sportives du Canada, des États-Unis et même du Mexique vendent ses produits chocolatés lors de leurs campagnes de financement et, depuis 2008, l'entreprise sherbrookoise développe également des marques privées.
Chocolat Lamontagne est fondée à Sherbrooke en 1978 par Richard Lamontagne. Ses deux enfants, Tina et Danny, travaillent à temps plein dans l'entreprise familiale depuis 2004 et 2001 respectivement et agissent aujourd'hui à titre de vice-présidente des ventes et vice-président des opérations.
D'abord simple distributeur, Chocolat Lamontagne se lance dans la fabrication de chocolat en 1996 alors qu'elle acquiert une usine dans la métropole. Deux ans plus tard, l'entreprise déménage sa production en Estrie et s'installe dans ses locaux de 95 000 pieds carrés dans le parc industriel de Sherbrooke.
« À l'époque, nous avions 15 employés qui travaillaient dans l'usine. Aujourd'hui, ils sont 150, relate Danny Lamontagne, estimant que 30 pour cent de la masse salariale est stable alors qu'un bon roulement de personnel s'applique à l'autre 70 pour cent, à cause du caractère saisonnier des activités de l'entreprise.
Les périodes les plus actives sont l'automne, alors que les écoles sont souvent en campagne de financement, et les mois de janvier à avril, alors que les marques privées et la coproduction avec des multinationales sont en hausse notamment à cause de la Saint-Valentin et Pâques. En 2004, l'entreprise acquiert un fabricant de chocolat de la région de Boston, Hebert Candies. Cette acquisition lui ouvre les portes du marché américain.
Chocolat Lamontagne génère un chiffre d'affaires annuel de plus de 30 M$. C'est environ 2,3 millions de kilos de chocolat qui sont produits annuellement, soit l'équivalent de 23 millions de tablettes de chocolat. Approximativement 60 pour cent des ventes proviennent des campagnes de financement alors que 40 pour cent découle des ventes de marques privées, souvent fabriquées pour des chaînes alimentaires ou pharmaceutiques.
« Par exemple, récemment on a fait des sacs de chocolats pour la chaîne Jean Coutu avec l'emballage de la marque maison. On travaille aussi avec Dollorama qui faisait affaire auparavant avec un fournisseur de la Turquie », explique Tina Lamontagne.
Bien enrobé
Chocolat Lamontagne a récemment investi 1 M$ dans son nouveau département d'enrobage, un investissement qui lui permettra de développer de nouveaux produits et de nouvelles saveurs. Une initiative qui permettra, du même coup, à l'entreprise de tripler le chiffre d'affaires lié à l'enrobage d'amandes, de canneberges et à d'autres produits enrobés.
« Si on maximise ce département, on peut aller chercher entre 30 et 35 pour cent d'augmentation de nos revenus totaux », précise Danny Lamontagne.
De 2008 à 2010, l'entreprise a connu des années de croissance extraordinaire, mais les années qui ont suivi ont apporté de nouveaux défis. « Lorsque le gouvernement provincial a décidé de bannir le chocolat dans les campagnes de financement scolaire en 2011, nos ventes au Québec ont chuté de 30 %. Finalement, les règles se sont assouplies et la réglementation est devenue une recommandation », se souvient le duo frère et soeur. C'est à ce moment que Chocolat Lamontagne sort ses recettes au chocolat noir et aux fruits enrobés. Des produits meilleurs pour la santé qui ont la cote de nos jours.
Chocolat Lamontagne évolue dans un marché très compétitif où il est essentiel d'innover et d'être à l'affût des dernières tendances pour demeurer concurrentiel. « Aussi, notre proximité avec nos clients et notre flexibilité sont deux de nos avantages concurrentiels. On grossit, mais au niveau du service, on gère notre clientèle comme une entreprise familiale », expliquent les membres de la relève.
L'objectif de Chocolat Lamontagne est d'accroître ses ventes de 40 à 50 pour cent au cours des prochaines années. Une croissance que la direction souhaite bâtir grâce à sa passion, sa détermination et cette fierté d'être 100 pour cent sherbrookois. Et cent pour cent Lamontagne.