La qualité de l'eau des rivières: encore du travail à faire

La qualité de l'eau des rivières Magog et Saint-François s'améliore, même s'il reste encore du travail à faire. C'est là une des conclusions tirées du bilan 2013 pour le suivi de la qualité de l'eau de ces rivières présenté lors de la dernière séance du conseil municipal.
La Ville a procédé à des échantillonnages, comme chaque année, pour analyser les paramètres suivants : les matières en suspension, les coliformes fécaux, le phosphore total, la température, la concentration d'oxygène, le pH, la conductivité et la turbidité.
La rivière Magog est celle qui s'en tire le mieux, avec une eau de classe A ou B (bonne ou satisfaisante) la plupart du temps, même si elle se dégrade en zone urbanisée. Ses tributaires, ou affluents, sont généralement de qualité moins importante, leur indice de qualité bactériologique et physico-chimique était parfois jugé mauvais. Ces tributaires contribuent donc à la dégradation de la qualité de l'eau. S'ajoutent les émissaires pluviaux, qui se déversent directement dans la rivière, de même que les ouvrages de surverse en période de pluie.
Le problème le plus important concerne la concentration en coliformes fécaux. Les tributaires ont aussi une importante concentration en phosphore. Des correctifs aux réseaux d'égouts sanitaire et pluvial pourraient aider à améliorer la situation.
« C'est là où il y a des activités récréotouristiques, la baignade et le canot, par exemple, alors c'est certain que nous y consacrons la majorité de nos programmes préventifs et correctifs, même si nous ne négligeons pas le Saint-François pour autant », explique Christine Fliesen, chef de la division de l'environnement à la Ville de Sherbrooke.
Si la qualité de l'eau de la rivière Saint-François est qualifiée de satisfaisante par temps sec, elle se dégrade de façon marquée pour être qualifiée de douteuse par temps de pluie. Des problèmes de turbidité, de matières en suspension, de phosphore et de coliformes fécaux ont été recensés.
Mme Fliesen tente des explications. « La rivière est très longue. Il y a déjà un héritage qui provient d'ailleurs quand elle entre sur notre territoire. Il y a aussi beaucoup de milieux agricoles qui sont source de matières en suspension et de phosphore. Cette rivière a par ailleurs un débit important, donc il y a un lessivage constant des berges. Les ouvrages de surverse autorisés à Sherbrooke par le ministère en temps de pluie sont presque tous sur la rivière Saint-François. »
« Puisque la majorité des paramètres analysés sont problématiques tant en rivière qu'en tributaires, il importe d'apporter des correctifs sur l'ensemble du bassin versant, et ce, à plusieurs niveaux : surverse et raccordements croisés de réseaux d'égouts sanitaire et pluvial, gestion des pratiques agricoles, installations septiques non conformes, protection contre l'érosion lors de travaux de construction, entretien des fossés, etc. », lit-on dans le sommaire décisionnel de la Ville de Sherbrooke.
« Quand on parle de matières en suspension et de turbidité, c'est souvent parce que les berges s'érodent. Quant aux coliformes fécaux, nous avons un programme de surveillance des oiseaux aquatiques, puisqu'ils en sont une source non négligeable. Depuis que nous avons mis des barrières dans les parcs, pour les éloigner de l'eau, et que nous avons installé des surfaces rugueuses sur les quais, nous voyons une différence », ajoute Mme Fliesen.
Parmi les actions ciblées pour 2014, notons la revégétalisation des bandes riveraines et un projet en milieu agricole pour diminuer l'érosion des champs. La mise en oeuvre des plans directeurs de l'eau, qui inclut tous les acteurs pouvant avoir un impact sur les cours d'eau, porte aussi ses fruits.
Le suivi de la qualité de l'eau a été mis en place en 2005 pour la rivière Magog et en 2007 pour la rivière Saint-François. Il vise notamment à identifier les secteurs problématiques et à apporter les correctifs nécessaires.