La philanthropie et l'avarice

Depuis deux ans, je trempe dans le monde de la philanthropie, mais aussi de l'avarice. Je ne pensais pas que la philanthropie et l'avarice pouvaient coexister à la même place, au même moment. Je me trompais. J'en suis déçu.
Comprenez-moi bien, je crois qu'à la base, chaque personne qui oeuvre pour un organisme caritatif ou siège sur le conseil d'administration d'un organisme le fait pour les bonnes raisons. Il a à coeur l'organisme et souhaite soutenir la cause. Souvent, la cause est un attachement émotionnel très fort pour la personne impliquée. Là où ça dérive, c'est quand la philanthropie devient un business et que les dirigeants d'organismes se croient tous les coups permis.
La réalité, c'est que le monde de la philanthropie est rude. Chaque organisme s'arrache le dollar du donateur et celui des commanditaires. Certains le font en mettant de l'avant la qualité de leur organisme et la justesse de leur cause.
D'autres utilisent des méthodes pas toujours loyales. Certains acteurs du monde philanthropique vont utiliser toutes les tactiques à leur disposition pour faire des jambettes à ceux qu'ils considèrent leurs compétiteurs: lobby auprès des instances municipales et provinciales, représentations peu flatteuses auprès des commanditaires pour miner leur soutien et même des attaques informatiques sur les sites web lors de campagnes de souscription. C'est vraiment ordurier comme techniques.
C'est la philosophie du «winner takes all».
On voit la philanthropie comme un business avec des parts de marchés. Il y a des quotas à respecter. Faut amasser X nombre de dollars durant l'année. Que les causes qu'ils attaquent soient bonnes a peu d'importance. Ce qui compte, c'est le cash.
C'est aussi une question d'ego pour certains. C'est important d'avoir sa face dans le journal le plus souvent possible, même s'il n'y a pas une cenne qui sort directement des poches de l'organisateur. C'est de l'hypocrisie à son meilleur.
Comme je le disais, je ne pensais jamais retrouver la philanthropie et l'avarice au même endroit, au même moment.
Je pensais plutôt y retrouver la magnanimité et l'effacement. Que je suis naïf. Si j'en suis un peu déçu, je suis néanmoins heureux d'avoir pu observer cette dichotomie comportementale. La beauté de la vie et des nouvelles expériences, c'est qu'elles nous permettent de jeter une lumière sur nos croyances et perceptions tout en nous révélant une nature humaine souvent insoupçonnée.