Déjà très fréquenté, le parcours d'animation en construction à Lac-Mégantic conduit le promeneur de l'église Sainte-Agnès au Centre sportif Mégantic, voisin de la Promenade Papineau. Il offre une vue sur le centre-ville en chantier et traverse notamment la Maison du vent.

La Marche du vent prend forme au coeur de la ville

Le parcours d'animation La Marche du vent est en construction depuis deux semaines à peine au coeur de Lac-Mégantic que déjà les visiteurs le fréquentent et l'apprécient.« Quand j'ai vu les dépliants, j'ai trouvé que c'était une bonne idée. On va marcher jusqu'aux condos pour encourager les commerçants », lance Alice Quirion, une dame de Lac-Drolet rencontrée sur les lieux lundi alors qu'elle déambulait avec son conjoint et un couple d'amis de Repentigny.
« On avait juste quelques morceaux de bois d'installés et il y avait déjà des gens! confirme le conseiller municipal Richard Michaud, qui a piloté le dossier à titre de président de la Commission des arts et de la culture. Je pense que ça va être populaire! »
C'est en jouant avec les éléments naturels que sont le vent et les étoiles que la Commission des arts et de la culture a voulu proposer cette expérience unique aux visiteurs. « Ça nous distingue, on veut mettre ça en évidence », explique M. Michaud.
La Marche du vent débute au coin des rues Dollard et Québec-Central, en face de l'église Sainte-Agnès. Elle consiste en un trottoir de bois de 250 mètres qui offre une vue imprenable sur la nouvelle promenade commerciale, sur le chantier de décontamination et sur le centre-ville sinistré.
Premier arrêt, la Maison du vent, une maisonnette ouverte à ses deux extrémités, éclairée à l'énergie solaire, et où le vent pourra s'engouffrer dans une série de tuyaux de métal de toutes les grandeurs pour y faire naître des mélodies.
Du mobilier urbain jouxtera cette maison, dont des bancs de granit, et des graminées seront mises en terre pour jouer elles aussi avec le vent.
Deuxième arrêt, les Maisons des histoires, cinq grands panneaux d'interprétation de 8 pieds par 13 pieds, qui mettront en valeur cinq grands moments de l'histoire de la ville.
Le troisième arrêt consistera en six hamacs géants qui seront installés la semaine prochaine près du Centre sportif Mégantic, pour s'y détendre le jour, profiter des concerts à la brunante ou admirer les étoiles la nuit venue. La marche pour y accéder sera jalonnée de mâts et de drapeaux colorés pour tranquillement faire lever les yeux vers le ciel.
Les instigateurs du parcours ont voulu créer un lieu pour les citoyens et pour les visiteurs, un lieu « pour se rassembler, se souvenir et se recueillir ».
À l'agora du Centre sportif Mégantic, d'ailleurs, on installera 20 grandes photos en format 4 pieds par 8 pieds pour relater la tragédie du 6 juillet « sous l'angle humain ». « On ne verra pas de boules de feu, insiste M. Michaud, mais bien des gens au coeur de la tragédie, par exemple les bénévoles de la Croix-Rouge. »
Tout ce concept est une proposition de Daily tous les jours, une jeune entreprise montréalaise à qui on doit entre autres créations les réputées balançoires musicales du Quartier des spectacles.
Même s'il n'est pas complètement achevé, le parcours d'animation sera présenté samedi dans le cadre des activités de commémoration du 6 juillet 2013.
Il coûtera 500 000 $ et est financé par Développement économique Canada, la Croix-Rouge, la Chambre de commerce de la région de Mégantic et une partie des profits du Musi-Café d'été 2013.
Développement économique Canada a aussi octroyé 195 000 $ pour la mise en place du premier volet d'un circuit de sculptures monumentales. Au rythme d'un symposium par année pendant trois ans, en septembre, Lac-Mégantic recevra ainsi 47 sculpteurs qui créeront autant d'oeuvres sous le thème « Marcheurs d'étoiles ».
Richard Michaud est bien conscient qu'investir dans la culture peut faire sourciller au moment où plusieurs chantiers sont en cours dans la ville et où la relance commerciale n'est pas encore assurée.
« La culture, pour bien des gens, c'est toujours une dépense, constate-t-il. Mais quand c'est bien implanté, ça devient une fierté. Moi je sais qu'on est en train de se donner une couleur culturelle unique qui va attirer les touristes, et pas juste le tourisme régional, mais aussi provincial, national et international. La culture, c'est une façon de définir notre ville et ça peut devenir un moteur économique important. »