La maladie de Lyme frappe aux portes de la région

La maladie de Lyme est maintenant bien installée au Québec et frappe aux portes de la région. On recensait 142 infections au Québec en 2013, trois fois plus qu'en 2012.
<p>Dr François Milord</p>
Nommée d'après une ville du Connecticut où elle a été découverte à la fin des années 1970, la maladie est transmise par une piqure de tique Ixodes scapularis porteuse de la bactérie Borrelia burgdorferi. Le réchauffement climatique et l'expansion naturelle de la maladie expliqueraient l'augmentation du nombre de cas.
« Les tiques infectées peuvent arriver au Québec de différentes façons parce qu'une tique peut voyager sur un oiseau pendant sa migration. Mais ce n'est pas cela qui est inquiétant parce qu'elle ne va pas nécessairement survivre. Ce qui est grave c'est que l'on constate qu'il y a des populations de tiques qui s'installent au Québec, dans les forêts du sud de la Montérégie et un peu dans les Cantons-de-l'Est. Elles arrivent à survivre et à se reproduire », explique le Dr François Milord, professeur au Département des sciences de la santé communautaire à l'Université de Sherbrooke.
Les premiers symptômes peuvent survenir en quelques jours ou jusqu'à un mois après la piqure. On peut remarquer une rougeur sur la peau (si elle est grosse d'environ 5 cm, on peut suspecter la maladie de Lyme). Elle peut s'accompagner de symptômes généraux d'infection comme la fièvre, la fatigue ou les douleurs articulaires.
Complications
« Si la maladie n'est pas traitée, les symptômes vont disparaitre parce que la bactérie, au lieu de rester à l'endroit de la piqure, va se disséminer ailleurs dans le corps et toucher différents systèmes comme le système nerveux, les articulations ou le coeur dans certains cas plus rares », ajoute M. Milord
Une paralysie - plus souvent de la moitié du visage - un gonflement des articulations et un rythme cardiaque à la baisse font partie des conséquences possibles de la bactérie.
Toutefois, il ne s'agit pas d'une maladie mortelle et elle peut être traitée à toutes les étapes du processus d'infection. S'ils sont décelés rapidement, les symptômes peuvent être enrayés par une simple prescription d'antibiotiques. Si la maladie s'aggrave, les traitements s'avèrent plus longs et plus complexes (par intraveineuse par exemple), mais ils ne laissent aucune séquelle ou presque. Quelques personnes auront des douleurs sporadiques aux articulations, mais sans plus.
Impossible d'empêcher toutefois la progression des populations de tiques dans la province. La prévention, en complémentarité avec la surveillance, demeure la meilleure arme.
« Les tiques ne volent pas. Elles restent accrochées à la végétation et se détachent pour s'accrocher à nous que lorsqu'on frôle les plantes. Si on reste dans les sentiers, on risque donc moins de se faire piquer. Il est recommandé d'utiliser du chasse-moustique qui contient du DEET pour les repousser et de se couvrir avec des vêtements longs si la température n'est pas trop étouffante. Il faut s'examiner après être allé dans des endroits où il pourrait y avoir des tiques. Si on enlève les tiques rapidement, dans la même journée, on ne risque pas d'être infecté, car les tiques doivent être accrochées durant près de deux jours avant de transmettre l'infection », prévient le Dr Milord.
Pour les gens vivant près des forêts, le Dr Milord recommande une bande de pierres ou de paillis à l'orée du terrain pour éviter que les tiques ne se propagent.
Il est important de souligner que 15 % des tiques Ixodes scapularis portent la bactérie. Une piqure n'entraîne donc pas nécessairement une infection.