La Maison l'Estime est liquidée

L'immeuble qui abritait la Maison l'Estime, rue Buck à Sherbrooke, se retrouve en vente sous contrôle de justice pour des versements impayés. Ces difficultés financières n'affectent pas les activités de l'Estime d'Asbestos, assure le directeur Luc Kermelly, également cofondateur.
Un préavis d'exercice d'un recours hypothécaire a récemment été déposé. M. Kermelly confirme les informations contenues dans le document. « On est en difficultés financières avec cet édifice. Il est libre », précise-t-il d'entrée de jeu.
En lisant le document, on apprend entre autres qu'en vertu de l'acte de prêt garanti par l'hypothèque, le total des sommes dues à la Caisse Desjardins du Nord de Sherbrooke, la créancière, s'élève à plus de 420 000 $. Les frais sont entre autres liés au défaut de paiement des « versements qu'ils (NDLR : les débiteurs) se sont engagés à payer mensuellement relativement au prêt ».
On peut aussi y lire que les débiteurs, M. Kermelly et le cofondateur Gino Goulet, étaient aussi en défaut de leurs obligations notamment parce que le prêt était échu depuis le 8 août dernier.
Au 8 octobre dernier, les arrérages de taxes foncières s'élevaient à plus de 42 000 $ pour les années 2011, 2012 et 2013. La Ville de Sherbrooke a publié l'automne dernier un préavis de vente pour défaut de paiement des impôts fonciers. La créancière a alors été dans l'obligation d'acquitter les arrérages de taxes foncières afin d'éviter une vente pour taxes.
Les débiteurs ont également été sommés de délaisser l'immeuble. Ils pourraient jusqu'à ce que l'immeuble ait été vendu sous contrôle de justice (eux ou un tiers) « remédier au défaut » en payant notamment ce qui est dû.
« On est en processus de vente. Il y a quelqu'un qui est en processus pour l'acheter », commente M. Kermelly, en ajoutant qu'il ne pouvait pas dire quel projet pourrait voir le jour sous ce toit.
Modification du zonage?
Plus tôt cette semaine, La Tribune révélait qu'un citoyen, Richard Drapeau, avec l'appui des conseils d'établissement des écoles primaires Sainte-Anne et Soleil-Levant, souhaitait modifier le zonage du secteur afin de restreindre les usages possibles. Ils ont également l'appui de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS). L'objectif est d'éviter que d'autres maisons de transition ou de thérapie, par exemple, ne viennent s'installer près des écoles. On compte aussi un CPE dans le quartier.
La Maison l'Estime de la rue Buck accueillait des personnes ayant des problèmes de santé mentale, avec des problèmes de toxicomanie ou d'alcoolisme. Elle a fermé en mars dernier. Sa cour arrière donnait sur celle de l'école Soleil-Levant. L'implantation de cette ressource à côté de l'école, à la fin 2011, avait suscité de l'inquiétude chez les parents des élèves. La demande de modification de zonage sera déposée lors de la prochaine séance du conseil d'arrondissement, lundi soir.
La Maison l'Estime d'Asbestos a aussi fait couler beaucoup d'encre au cours des derniers mois, en raison de ses problèmes d'accréditation avec l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie. Le dossier doit revenir devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) le 24 février prochain.