La FEUS se prononce contre les «dispositions centrales» de la Charte

La Charte des valeurs du Parti québécois et le projet de loi 60 qui en découle ont la vie dure sur le campus de l'Université de Sherbrooke. C'est maintenant au tour des associations membres de la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS) de se prononcer contre.
Après une réunion en conseil des membres tenue le 2 février, la FEUS se dit « en faveur d'une laïcité ouverte et contre des dispositions centrales du projet de loi n° 60 ».
La FEUS joint ainsi sa voix à d'autres groupes de la communauté universitaire de l'Université de Sherbrooke, dont le Regroupement des étudiantes et des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l'Université de Sherbrooke (REMDUS), les doyennes et doyens de l'Université de Sherbrooke, ainsi que de nombreux professeurs et chargés de cours de l'Université de Sherbrooke.
La FEUS s'oppose à « plusieurs dispositions charnières du projet de loi » appelé la Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l'État ainsi que d'égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d'accommodement.
Tout d'abord, la FEUS ne partage pas la vision réductrice de la laïcité mise de l'avant dans le projet de loi n° 60. Elle souhaite « une laïcité ouverte et de la séparation de l'État et du religieux et du spirituel, où l'État ne favorise ni ne défavorise aucune conviction religieuse, respecte toutes les positions à l'égard de la religion ».
Le regroupement étudiant se positionne notamment « contre l'interdiction du port de signes religieux par toute personne qui n'exercerait pas un rôle coercitif pour l'État, notamment les juges, les policiers, les agents de la paix et les procureurs ».
Pour la FEUS, les médecins ou autres employés des services de la santé et des services sociaux, les enseignants ou les employés des centres de la petite enfance ou des résidences pour personnes à mobilité réduite, pour personnes âgées ou autres institutions de résidence ou de logement social n'exercent pas un rôle coercitif.
Sans pour autant se positionner sur la pertinence d'interdire le port de signes religieux aux personnes qui exercent un rôle coercitif pour l'État, la FEUS estime que l'interdiction large et discriminatoire du port de signes religieux est une atteinte aux droits et libertés qui ne s'inscrit pas dans le principe de laïcité qui devrait guider l'État québécois, et au contraire fait entrer l'État dans la sphère religieuse, où il ne devrait pas se prononcer.
Les étudiants sont affectés directement et indirectement par ce projet de loi, d'une manière inacceptable pour la FEUS qui demande au gouvernement du Québec de ne pas faire passer l'électoralisme avant le bien-être de ses membres en tant que citoyennes et citoyens, et d'abandonner ces dispositions du projet de loi n° 60.
La FEUS rappelle que l'Université de Sherbrooke demande un droit de retrait pour les universités. « Les associations membres de la FEUS, advenant qu'un tel droit de retrait ne soit pas accordé, devront se repositionner sur la question dans une prochaine instance afin d'évaluer les positions et moyens à prendre », prédit un communiqué de presse.