Christelle Lefèvre

La facture va bondir pour les parents des élèves du privé

Conséquence du dernier budget provincial, les parents d'élèves au privé pourraient recevoir une facture supplémentaire de quelques centaines de dollars pour assumer les coûts de transport scolaire.
Les parents devraient être informés prochainement du montant de la facture, qui reste encore à être déterminé.
Des discussions sont toujours en cours avec la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) à ce sujet, explique le président de l'Association des écoles privées de l'Estrie (AEPE), Raymond Lepage, puisque la CSRS assure le transport scolaire d'élèves de six établissements du privé : le Salésien, le Séminaire de Sherbrooke, le Collège Sacré-Coeur, le Collège François-Delaplace, le Collège Mont Notre-Dame et l'École secondaire de Bromptonville.
« On est dans ce processus-là. Il y a une facture qu'il va falloir assumer, car le gouvernement a diminué une subvention pour le transport. On délègue le transport à la commission scolaire; il y a un montant qu'on va devoir payer », note M. Lepage, directeur général du Salésien.
Le coût pour le transport est actuellement de 162 $ pour les élèves desservis sur le territoire de la CSRS et de 295 $ pour les élèves hors territoire.
Selon Michel Bernard, directeur général de la CSRS, l'enveloppe globale a été amputée du tiers du montant, ce qui représente une somme de 386 000 $ en moins. La CSRS s'occupe du transport scolaire d'environ 2000 élèves du privé. « On doit facturer le montant qu'on a perdu... Il appartient aux écoles privées de voir ce qu'elles feront avec cette facture. »
Cette donnée pourrait du coup changer l'organisation du transport scolaire, croit M. Lepage. « Est-ce que certains parents vont faire le choix de transporter leurs enfants? » s'interroge-t-il.
« Ça a un impact sur l'organisation des circuits, sur le coût que les parents vont devoir assumer. Ce n'est pas quelque chose d'agréable », note M. Lepage.
Les coupes dans le transport scolaire ne sont pas les seules qui se feront sentir dans les institutions privées; c'est aussi le cas pour les subventions pour le développement des technologies, l'achat de livres... « On est en train de décortiquer tout ça », commente-t-il en rappelant que ces données arrivent tard pour la planification budgétaire. Conséquence? « Il va falloir faire plus avec moins », note M. Lepage, en citant également la situation des universités et des commissions scolaires. « C'est un peu déplorable. »
Les écoles privées attirent une large clientèle dans la région estrienne. Pourraient-elles ressentir les contrecoups d'une hausse de la facture envoyée aux parents pour le transport scolaire? « C'est clair que ça peut avoir un impact. La capacité de payer des parents est limitée... » répond Raymond Lepage.
« Il faudra voir comment on peut être créatif. » Des fondations donnent un coup de pouce financier dans les écoles privées. Par exemple, au Salésien, la Fondation aide une quarantaine de familles chaque année.
Du côté de la CSRS, comme La Tribune le rapportait hier, des parents souhaitent éviter que la commission scolaire n'en arrive à appliquer des frais de transport pour les élèves qui fréquentent des écoles primaires à vocation particulière, un scénario qui est étudié en ce moment. Christelle Lefèvre, porte-parole d'un groupe de parents qui s'étaient opposés à une tarification pour le transport scolaire à une deuxième adresse, a interrogé les élus scolaires sur cette question, hier. Le budget de la CSRS sera adopté en août, et c'est à ce moment que l'on connaîtra les mesures qu'il contient.