La collecte printanière de la Guignolée des cégeps est commencée

Ne soyez pas surpris si un cégépien vient frapper à votre porte au cours des prochains jours pour vous demander de contribuer à la Guignolée des cégeps. La collecte printanière de dons et denrées pour Moisson Estrie est bien lancée.
Ce projet, organisé par les enseignants en philosophie Keith Éthier-Delorme et Jonathan Mayer, vise à enraciner leurs enseignements dans une expérience concrète. Une réflexion sur les inégalités socioéconomiques se tient donc en toile de fond de la collecte.
«On veut qu'il y ait du vécu dans tout ça, ça nous permet de mieux traiter les différentes problématiques», explique M. Éthier-Delorme.
Tout au long de l'organisation de la guignolée, les jeunes ont pu faire de la sollicitation dans divers milieux ou encore tenter d'établir des partenariats avec des acteurs du milieu des affaires. «En philosophie, on doit apprendre à argumenter. Là, ce n'est pas juste sur un bout de papier, il faut que tu argumentes réellement avec les gens... au retour de la guignolée, on a du matériel extraordinaire à analyser.»
Certains étudiants ont aussi participé à la préparation de pâtés dans les cuisines de Moisson Estrie. «Ils recevaient une visite guidée des lieux et en même temps pouvaient voir les gens qui faisaient leur épicerie sur place. C'est une réalité qui est très dure. Quand ils font la collecte, ils rentrent aussi d'une certaine façon dans l'intimité des gens, ce qui permet d'observer les inégalités socioéconomiques. C'est live, c'est cru», relate l'enseignant.
La collecte est aussi fort efficace. L'an dernier, les étudiants avaient amassé 11 479 $ en dons ainsi que 11 000 livres de denrées, ce qui avait permis de soutenir Moisson Estrie pendant l'été, l'automne ainsi qu'une partie de l'hiver. «C'est incroyable les retombées sociales de ça. C'est ce qui nous motive à faire une deuxième et une troisième édition», lance Keith Éthier-Delorme, qui mentionne aussi que l'activité fait rayonner les étudiants du Cégep, souvent victimes de préjugés. «Les étudiants sont super sympathiques, ils sont généreux de leur temps et de leur personne dans ce projet-là», rappelle-t-il.
Des besoins immenses
Ce n'est plus un secret : après l'avalanche de dons qui arrivent dans le temps des Fêtes, les tablettes des banques alimentaires se retrouvent fort souvent dégarnies. «Les gens les plus démunis ont faim à l'année longue», rappelle toutefois M. Éthier-Delorme. D'où la collecte printanière.
Les besoins se font également sentir à la banque alimentaire du Cégep, qui bénéficie aussi en partie de la guignolée organisée par les étudiants. «Quand on discute avec les gens des autres cégeps, on se rend compte que leurs banques alimentaires s'épuisent plus rapidement qu'autrefois. On essaie de comprendre le phénomène et d'y trouver une solution», affirme l'enseignant, qui mentionne notamment l'augmentation du nombre de parents étudiants comme cause probable de cette hausse de la demande.
Les étudiants sillonneront aujourd'hui entre 17 h 30 et 20 h 30 les quartiers aux alentours du Cégep ainsi que Fleurimont. Demain, ce sera au tour de Rock Forest, et jeudi de l'arrondissement de Jacques-Cartier. D'autres secteurs seront faits de manière sporadique au cours des trois jours de collecte.