La «catastrophe» d'Asbestos comparée à celle de Lac-Mégantic

« Dans le fond, c'est un peu comme avec Lac-Mégantic... C'est une catastrophe épouvantable, parce que ç'a tué tous les espoirs à Asbestos et le pire, c'est que ç'a été voulu! »
<p><span>Pour les ex-travailleurs de la </span><a href="http://nouveau.eureka.cc/WebPages/Document.aspx?Event=ViewDoc&amp;DocName=news%c2%b720140331%c2%b7TB%c2%b70008&amp;TypeDoc=NEWS" target="_self">Mine Jeffrey Marcel Côté</a><span>, </span><a href="http://nouveau.eureka.cc/WebPages/Document.aspx?Event=ViewDoc&amp;DocName=news%c2%b720140331%c2%b7TB%c2%b70008&amp;TypeDoc=NEWS" target="_self">Marcel <span>Bachand</span></a><span>, </span><a href="http://nouveau.eureka.cc/WebPages/Document.aspx?Event=ViewDoc&amp;DocName=news%c2%b720140331%c2%b7TB%c2%b70008&amp;TypeDoc=NEWS" target="_self">Denis Patry</a><span>, Guy Raymond et </span><a href="http://nouveau.eureka.cc/WebPages/Document.aspx?Event=ViewDoc&amp;DocName=news%c2%b720140331%c2%b7TB%c2%b70008&amp;TypeDoc=NEWS" target="_self">Réjean Laprise</a><span>, la décision du gouvernement Marois d'annuler le prêt de 58 M$ consenti par le gouvernement </span><a href="http://nouveau.eureka.cc/WebPages/Document.aspx?Event=ViewDoc&amp;DocName=news%c2%b720140331%c2%b7TB%c2%b70008&amp;TypeDoc=NEWS" target="_self">Charest</a><span> pour relancer la production d'amiante a fait une différence entre «vivre plus décemment jusqu'à la retraite... et le BS ».</span></p>
Le rapprochement avec la tragédie ferroviaire mortelle est fort, voire exagéré. Mais pour Denis Patry, ex-travailleur de la mine Jeffrey, qui y a été embauché tout jeune en 1967, cela illustre l'ampleur du drame causé par la promesse électorale faite et tenue par Pauline Marois d'annuler le prêt de 58 millions $ consenti par le gouvernement Charest pour relancer la production d'amiante.
Comme quelques autres ex-salariés de l'endroit du début de la soixantaine « victimes de la politique et de la désinformation du lobby anti-amiante », rencontrés par La Tribune, cette décision a fait la différence entre « vivre plus décemment jusqu'à la retraite... et le BS ». « C'est au moins une centaine de travailleurs de notre âge qui n'ont eu d'autre recours que l'aide sociale », exprime Marcel Bachand, président du Syndicat des travailleurs de la mine Jeffrey.
Ainsi, après des années de vache maigre, dont seulement cinq semaines de rappel au travail en 2010, le prêt de 58 millions $, dont 7 millions $ étaient déjà engagés au moment de son annulation, offrait une formidable perspective d'avenir. Pas juste pour les travailleurs âgés qui auraient ainsi pu se renflouer un tant soit peu alors que leur fonds de retraite a quasiment disparu avec les problèmes financiers antérieurs de la compagnie, lors de la crise financière asiatique du début des années 2000. Mais aussi pour la relève et la prospérité de la ville, grâce à des salaires oscillant entre 19 $ et 26 $ de l'heure. La possibilité de compter à terme sur des centaines d'emplois bien rémunérés s'est évanouie à jamais. La mine Jeffrey est en processus de démantèlement.
« C'est complètement absurde et illogique. Jamais je n'aurais cru que cette promesse (NDLR: de rappeler le prêt) se réaliserait. Sur la base des chiffres, le gouvernement québécois était gagnant à tout point de vue. Au lieu d'une masse salariale d'environ 500 000 $ par semaine avec les impôts que ça représente, c'est plutôt des chèques d'aide sociale que le gouvernement envoie à Asbestos » rajoute M. Bachand. Il invite n'importe qui à venir constater l'exode des jeunes, la morosité commerciale et le nombre de maisons à vendre.
Pour lui comme pour Marcel Côté, Guy Raymond, Réjean Laprise et Denis Patry, l'impact, c'est aussi des pénalités financières que le gouvernement devra rembourser aux actionnaires de la compagnie minière, pour ne pas avoir respecté des engagements légaux. « C'est encore des millions $ des contribuables perdus inutilement, tout ça à cause d'une promesse électorale et pour bien paraître devant les anti-amiante... Pauline Marois n'avait pas le droit de faire ça », s'insurge Réjean Laprise.
En retour, l'engagement de la même première ministre concernant le fonds de diversification de 50 millions $ pour compenser le tort causé auprès de la communauté apparaît bien modeste et, surtout, ne s'est guère traduit en création d'emplois. « On n'a pas senti grand effet de ce fonds de diversification, à part le déplacement d'une entreprise de transport et des petites affaires de même, mais les emplois sont où par rapport à ce qu'offrait la relance de notre mine d'amiante? De toute façon, les anciens travailleurs de Jeffrey ne peuvent aucunement profiter de ce fonds de diversification, d'autant plus que des 23 membres siégeant sur le comité, il n'y a aucun représentant du syndicat », a aussi déploré Marcel Bachand.
Cesser toute contribution de Québec à la relance (de l'amiante) de Mine Jeffrey à Asbestos
Date de la promesse : 29 août 2012
Date de la réalisation : 10 octobre 2012
Par qui : Pauline Marois, chef du PQ
Pour : Les autorités de la Santé publique au Québec et le lobby anti-amiante ont vivement applaudi cette décision, qui était réclamée depuis plusieurs années, en raison des problèmes de santé soulevés par le passé avec l'exploitation et la manipulation de l'amiante.
Contre : La fin de l'industrie de l'amiante au Québec et la perte définitive de centaines d'emplois reliés à la relance de la mine à Asbestos. Mine Jeffrey était présente dans la communauté depuis 133 ans et a procuré de l'emploi à plus de 2700 personnes dans ses meilleures années.
Contexte : En tournée électorale à Rouyn-Noranda le 29 août 2012, la chef péquiste Pauline Marois annonce que, si elle forme le gouvernement au scrutin du 4 septembre, elle retirera un prêt de 58 millions $ consenti par le gouvernement libéral de Jean Charest en avril précédent, pour la relance de la mine Jeffrey à Asbestos. Ce prêt, assorti d'investissements de 25 millions $ de la part de partenaires privés, devait permettre la création de plus de 500 emplois et assurer la sécurité financière de la communauté d'Asbestos pendant au moins 25 ans. Pauline Marois avait basé sa promesse de bannir l'exploitation et l'exportation de l'amiante sur les « tendances et le consensus scientifique des experts et toutes les études sur la santé ».
Les campagnes électorales sont le théâtre de nombreuses promesses politiques. Certaines changent littéralement des vies. La Tribune et les autres quotidiens du réseau Gesca ont rencontré, plus tôt dans la campagne, des citoyens dont un engagement électoral pris par une formation politique dans le passé a représenté, pour eux, un tournant majeur et souvent imprévisible dans leur vie.