L'une des tours pourrait se dresser derrière l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac, qui domine le lac Memphrémagog à la hauteur de la baie Sargent.

La beauté du paysage menacée par deux tours de 350 pieds

La beauté du panorama autour du lac Memphrémagog pourrait changer dans un avenir rapproché.
Selon ce que La Tribune a appris, deux propriétaires de Bolton-Est auraient accepté de louer leur terre à Bell pour que l'entreprise en télécommunication puisse y construire deux tours de transmission de 350 pieds de hauteur, soit l'équivalent d'un gratte-ciel de près de 30 étages ou plus de trois fois la hauteur de l'Hôtel Delta de Sherbrooke.
La mairesse de Bolton-Est, Joan Westland-Eby, confirme avoir rencontré Bell à deux reprises depuis décembre pour en connaître davantage sur leurs projets. Elle affichait un air mitigé lorsque questionnée à savoir si elle était en faveur ou non de la construction des deux tours.
« Il y a 15 ans, lorsque nous n'avions pas de services sans-fil et haute vitesse, la population aurait peut-être été plus en accord. C'est de savoir pourquoi ils veulent faire ça aujourd'hui. Est-ce que nous sommes prêts à faire un tel compromis pour avoir un service vite, vite vite au lieu de vite, vite? »
La Tribune a aussi appris que l'une des deux tours serait érigée sur le chemin Mountain. C'est donc dire que l'une des infrastructures métalliques pourrait se dresser derrière l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac, qui domine le lac Memphrémagog à la hauteur de la baie Sargent.
Dans un courriel laconique, la relationniste de Bell, Marie-Ève Francoeur, a confirmé que la compagnie de télécommunation en était au début du processus et que des consultations publiques avaient été amorcées le 22 janvier pour les deux sites, ceci afin de « répondre aux besoins grandissants de services sans-fil et de mieux desservir les résidents de la région. »
Une raison que ne semblait pas acheter complètement la mairesse de Bolton-Est.
« Ils nous disent que c'est pour donner un service plus rapide pour l'internet haute vitesse et combler les espaces vides pour les cellulaires, mais je ne suis pas convaincue que c'est pour les clients... nous ne sommes pas beaucoup à Bolton-Est. »
Pour le moment, le conseil municipal s'en tient au règlement de la municipalité qui n'autorise pas les constructions de tours de plus de 20 mètres. Même si Bolton-Est se montre à cet égard plus sévère que le reste de la MRC Memphrémagog, qui accepte que ce type d'infrastructure atteigne les 30 mètres, la mairesse préfère prendre le temps de consulter la population avant de se positionner formellement.
« On attend la réaction de notre population. Les gens qui sont contre se mobilisent très rapidement, mais est-ce le reflet de notre communauté? »
Un groupe de citoyens a effectivement entrepris des démarches il y a près d'un mois pour lutter contre la possible intrusion de Bell dans leur communauté.
« Il y a plein d'impacts négatifs à propos de ces tours : ça nuit à la faune, ça crée de la pollution visuelle, ça fait baisser la valeur des propriétés et il y a aussi les effets des ondes sur la santé des gens à proximité » soulève l'un des citoyens qui s'oppose au projet, Pierre Paul Charlebois.