Jean Garon

Jean Garon a su durer au ministère l'Agriculture, dit François Bourassa

Si Jean Garon a réussi à mettre en place des politiques qui font encore école aujourd'hui en agriculture, c'est qu'il a su durer à la tête du ministère de l'Agriculture.
<p>François Bourassa</p>
François Bourassa, président de l'UPA Estrie, réagit de la sorte à la nouvelle du décès du père de la Loi sur la protection des terres agricoles et de l'assurance stabilisation.
«M. Garon a fait beaucoup pour le monde agricole au Québec. Ce qu'il a mis sur pied est encore en vigueur aujourd'hui. S'il a pu tout faire cela, c'est qu'il a duré. Nous avons connu plusieurs ministres de l'Agriculture en quelques années», dit-il.
«C'est difficile de faire avancer des dossiers quand on change de ministre souvent. Il y a eu du va-et-vient au poste de ministre de l'Agriculture ces dernières années. Ce n'était pas comme ça du temps de M. Garon. Il a eu du temps pour mettre en place ses projets.»
Jean Garon est mort mardi à l'âge de 76 ans. Ce membre fondateur du Pati québécois, en 1968, a été ministre de l'Agriculture pendant neuf ans dans le gouvernement de René Lévesque, jusqu'à la défaite du PQ en décembre 1985.
Il reste de grands chantiers à accomplir en agriculture, comme ceux accomplis par Jean Garon, ajoute M. Bourassa. L'autonomie alimentaire doit demeurer un cheval de bataille pour le ministre en titre, dit-il. «À l'époque de M. Garon, 50 pour cent de ce qui se trouvait dans l'assiette des Québécois provenait du Québec. Maintenant, on est à 30 pour cent. Il y a du travail à accomplir.»
«Il faut que le gouvernement prêche par l'exemple. Au chapitre de l'achat local, il y a beaucoup de choses à faire. Les gens veulent de la diversité dans leur assiette. Mais ce n'est pas normal que des fraises de la Californie se retrouvent dans nos épiceries alors qu'il y a des fraises en abondance au Québec.»
Jean Garon avait fait face à l'opposition de plusieurs agriculteurs lorsqu'il a voulu mettre en place sa loi sur les terres agricoles. Il avait fait preuve d'un très courage politique, mentionne François Bourassa. «Quand on veut mettre en place un programme pour l'intérêt collectif, plusieurs s'opposent. Aujourd'hui, la très grande majorité des agriculteurs sont en faveur.»
François Bourassa redoute une éventuelle «modernisation» de la loi sur la protection du territoire agricole. «Ça nous inquiète, lance-t-il. Habituellement, quand il y a des changements, c'est rare que le monde agricole en sorte gagnant», fait-il remarquer.
«Même si on entend dire que c'est une loi rigide, il y a de plus en plus d'asphalte et de béton qui apparaissent sur les meilleures terres agricoles du Québec. J'ai confiance que M. (Pierre) Paradis (actuel ministre de l'Agriculture) puisse mettre de bonnes choses en place.»