Jacques Proulx

Jacques Proulx craint la concentration des aînés dans les grands centres

« Ma grande crainte, c'est qu'encore une fois on mette des normes et qu'on ne soit pas capables d'y répondre dans des projets plus restreints dans nos régions. On s'en irait dans la concentration de personnes âgées dans les plus grands centres, soi-disant pour bien les protéger. »
La réflexion qui suivra le tragique incendie dans une résidence pour personnes âgées à L'Isle-Verte pourrait déboucher sur de nouveaux standards de sécurité à mettre en place dans les résidences. Bien qu'aucune mesure n'ait été officiellement annoncée par le gouvernement provincial, Jacques Proulx, le fondateur de Solidarité rurale du Québec qui a passé 17 ans à la tête de l'organisme, est préoccupé par ces hypothétiques annonces.
M. Proulx ne nie pas l'utilité de mesures supplémentaires comme la présence obligatoire de gicleurs. Il remet toutefois en doute la nécessité d'avoir tous les moyens d'assurer la sécurité des gens si cela implique qu'il faut les sortir de leur milieu de vie et les rediriger dans de grands centres.
« On fait des poulaillers pour enfermer nos vieux et essayer de s'en débarrasser le plus possible. On oublie tout le temps que les gens s'enracinent dans les milieux, ce ne sont pas des nomades. On leur demande de finir leurs jours dans des endroits auxquels ils n'ont pas d'attachement, qu'ils ne connaissent pas, au nom de la sécurité. On a tout le temps des arguments bureaucratiques », déplore celui qui est aujourd'hui retourné à ses terres, à Saint-Camille.
Fermetures à prévoir
Si on oblige les propriétaires de petites résidences en ville ou en campagne à revoir de façon majeure leurs systèmes de sécurité, M. Proulx craint de grandes répercussions. « Si on arrive avec des obligations pour tous les foyers, c'est sur qu'il y en a une méchante gang qui vont fermer. »
Ces améliorations dans la sécurité seraient une bonne idée selon lui à condition que l'État paie pour celles-ci, ou que les personnes âgées reçoivent une pension plus généreuse, leur permettant de payer plus cher leur résidence.
Jacques Proulx voit le futur des aînés plutôt à domicile que dans les résidences. « Je pense qu'il faut que le ministre investisse massivement là-dedans, c'est l'avenir. Ça n'empêche pas qu'il faut des résidences, mais la grande majorité des gens qui sont là, s'ils avaient des services à domicile, ils seraient chez eux et seraient bien plus heureux », avance-t-il.