Danny Frappier

«Isabelle avait pu parler à ses enfants avant de prendre l'avion»

Une Sherbrookoise a péri lors de l'écrasement d'un avion d'Air Algérie survenu jeudi en Afrique. Isabelle Prévost, une mère de trois jeunes enfants demeurant dans le secteur Rock Forest, revenait d'un voyage au Burkina Faso.
La femme de 35 ans s'était envolée le 14 juillet avec un couple d'amis burkinabés et leurs enfants, qui résidaient à Longueuil. Ils se sont tous rendus au 50e anniversaire de mariage des parents du père de la famille longueuilloise. Mercredi, ils sont tous montés à bord du vol AH5017. Ils y ont laissé leur vie.
«J'étais rassuré. Le voyage s'était bien passé. Il n'y avait pas eu de maladie pendant son séjour en Afrique. Ça aurait pu arriver», raconte péniblement Danny Frappier, le conjoint de Mme Prévost, qui était demeuré ici avec leurs enfants, âgés de cinq, sept et neuf ans.
«Mais c'est en revenant que tout semble avoir mal été. C'était son premier voyage en avion. Elle n'était jamais sortie du pays. Elle avait préparé ce voyage depuis deux ans.»
Isabelle Prévost avait pris le vol AH5017 assurant la liaison Ouagadougou-Alger avec 115 autres personnes à son bord. L'appareil est disparu des radars au-dessus du Mali hier matin, dans ce qui est devenu un autre écrasement faisant partie de la série noire que connait le monde de l'aviation depuis une semaine. Il a été localisé par la suite au Mali.
«Tout ce que nous savons, c'est ce qui se dit dans les médias et ce que nous dit le Consulat canadien, reprend M. Frappier. Ils ne veulent rien confirmer. Nous sommes sur le téléphone depuis le matin. Il n'y a pas d'espoir c'est certain. C'est très pénible comme situation.»
«Isabelle avait appelé hier (mercredi) avant de prendre son avion. Elle avait pu parler avec ses enfants. L'appel a été court, mais tout allait bien...»
La famille a eu un appel tôt hier matin de la part de la famille du Burkina Faso qui hébergeait la Sherbrookoise. En après-midi, la liste officielle fournie par l'Ambassade canadienne confirmait la présence de Mme Prévost sur le vol qui s'est écrasé.
La Sherbrookoise fait ainsi partie des cinq Québécois qui se trouvaient sur le vol d'Air Algérie.
Une femme pleine d'entrain
Isabelle Prévost, une mère à la maison d'un garçon et de deux filles, est décrite comme une femme pleine d'entrain, toujours prête à s'impliquer personnellement pour faire avancer les choses. «C'est une femme très dynamique, toujours prête à embarquer dans des projets», dit Danny Frappier.
«Une mère de trois jeunes enfants. La dernière entre à l'école en septembre...», ajoute-t-il en regardant les enfants jouer devant la maison, n'ayant pas encore réalisé l'ampleur du drame qui se joue. «Je ne sais pas comment vont se dérouler les prochains jours et les prochains mois. Heureusement, j'ai l'appui des membres de la famille et d'amis.»
La tragédie semble s'acharner sur la famille de la victime. Un neveu de Mme Prévost et M. Frappier est décédé en mai 2013, à l'âge de 18 ans, à la suite d'un accident de la route à Richmond.
Yves Frappier, fils de Pierre Frappier et de Caroline Landry de Saint-François-Xavier-de-Brompton, roulait sur la route 143 lorsque son véhicule est entré en collision de plein fouet avec celui de Véronique Boissonneau.
Ces décès et épreuves vécus au cours des 15 derniers mois pèsent sur la famille, ont déclaré à La Tribune Mme Landry et son conjoint.
«Isabelle et mon fils Yves, c'était des personnes bien en santé. Du bon monde», lance les larmes aux yeux Pierre Frappier, venu épauler son frère Danny hier en fin de journée. «Yves n'avait jamais pris un verre de bière de sa vie. Il a fallu qu'il lui arrive un accident comme celui-là...»