La guide pour la Société d'histoire de Sherbrooke Geneviève Dorion Bélisle a donné une première visite officielle de l'hôtel de ville de Sherbrooke vendredi.

Invitation à un cours d'histoire gratuit à l'hôtel de ville

Les Sherbrookois connaissent-ils vraiment leur histoire? Les Galt, Bowen et autres individus ayant donné leur nom à des artères de la ville sont-ils vraiment connus des citoyens? La visite gratuite de l'hôtel de ville, offerte les derniers vendredis du mois, offre des réponses à ces questions tout en insistant sur l'histoire de cet édifice patrimonial.
Avec la guide Geneviève Dorion Bélisle, de la Société d'histoire de Sherbrooke, ils n'étaient pourtant qu'une petite poignée de visiteurs, vendredi, à profiter de cette première visite officielle.
Mme Dorion Bélisle a amorcé la visite en parlant de la naissance de la ville, dont l'année a été fixée à 1802. «Les premiers habitants étaient des Américains. Ce sont ensuite des Britanniques de la bourgeoisie anglaise qui sont venus s'y établir.»
Sur le balcon de l'hôtel de ville, la guide explique aussi que Sherbrooke a d'abord porté le nom de Hyatt's Mill avant que la dénomination actuelle soit adoptée en l'honneur de John Coape Sherbrooke. Elle ajoute que l'édifice qui reçoit aujourd'hui les séances du conseil municipal abritait autrefois le palais de justice, construit... sur le site du premier hôtel de ville de Sherbrooke. S'y trouvait alors un marché public, là où est maintenant situé le carré Strathcona.
Le palais de justice, bâti entre 1904 et 1906 au coût de 103 000$, a accueilli les élus seulement à la fin des années 1980. L'architecte en chef, Elzéar Charest, avait opté pour le style Second Empire. Les plans ont toutefois été confiés à un architecte de Montréal, Raoul-Adolphe Brassard. Le bâtiment a été reconnu monument historique en 1977. Pour sa nouvelle vocation, la salle du conseil a été rénovée de manière à lui ajouter des balcons pour les journalistes.
Scéances privées
«Avant 1950, les journalistes et les citoyens ne pouvaient pas assister aux séances du conseil», précise Geneviève Dorion Bélisle, retraçant du même coup une partie de l'histoire politique de la municipalité.
«Il y a eu une première élection en 1852. Cinq conseillers avaient été élus et ils avaient choisi le maire parmi eux.» Qui était donc ce premier maire de Sherbrooke? C'est Georges Frédéric Bowen qui a d'abord occupé le poste. Le premier maire francophone a été Hubert Cabana en 1880.
Qui pouvait voter aux premières élections? Quand les femmes ont-elles pu participer au suffrage? Quelles étaient les conditions pour devenir maire? Autant de questions qui trouvent aussi réponse dans cette visite d'une heure qui s'arrête dans le hall d'honneur et dans la salle du conseil municipal.
La guide Geneviève Dorion Bélisle en a aussi profité pour expliquer la signification de chacun des éléments apparaissant sur les armoiries de la ville. Elle mentionne par ailleurs le procès Desfossés, un guérisseur jugé dans l'actuelle salle du conseil, qui était accusé de posséder des pouvoirs spéciaux. Remportant son procès, il a célébré sa victoire avec un défilé sur la rue Wellington...
À la fin de la visite, les citoyens qui le désirent peuvent se procurer une brochure explicative au coût de 1$.
La prochaine visite se tiendra le 25 avril. Pour information : 819 821-5406.