Importante opération pour reconstituer l'accident du 9 juin

Duplicata du 9 juin. Le soleil se levait à peine que déjà les reconstitutionnistes de la Sûreté du Québec et les agents du Service de police de Sherbrooke s'affairaient à recréer la scène de l'accident qui a coûté la vie à Déliska Bergeron.
Dès 5h30 jeudi matin, le camion de la compagnie Traveler's reprenait son virage fatidique et Déliska ainsi que son amie - personnifiées par des mannequins - traversaient l'intersection à côté de leur vélo. Même la température s'apparentait à celle du jour de l'accident. Bref, une copie conforme, excepté pour le vélo attaché au pont Aylmer en l'honneur de la jeune mère.
En remontant seconde par seconde à partir de l'impact, les agents cherchaient à comprendre les circonstances de l'accident. Ils reculaient petit à petit le camion et les mannequins pour prendre des photos et observer les moments précédant l'instant tragique.
« C'était pour déterminer le positionnement et ce qui a pu se passer. Essayer de comprendre l'événement et repositionner le plus fidèlement possible au point où ça s'est passé », explique René Dubreuil, porte-parole du Service de police de Sherbrooke.
Déliska Bergeron, de Racine, a été happée mortellement par un camion semi-remorque alors qu'elle marchait à côté de son vélo en compagnie d'une amie. La victime traversait la rue King Est pour aller rejoindre la piste cyclable en direction de Lennoxville lorsqu'un camion provenant également de la rue Saint-François aurait tourné à droite pour se diriger vers le centre-ville.
Le chauffeur pourrait toujours faire face à des accusations de négligence criminelle, mais il est encore trop tôt pour s'avancer.
Les observations des reconstitutionnistes seront remises aux enquêteurs du SPS qui chapeautent l'enquête depuis le début. 
L'enquête progresse
La reconstitution de jeudi matin représentait une autre étape dans l'enquête entourant la mort de Déliska Bergeron.
« La reconstitution s'additionne à l'inspection du camion de la compagnie, aux observations du reconstitutionniste le lendemain de l'accident, à l'étude des feux de circulation, aux témoignages. C'est grâce à tout cela qu'on va pouvoir comprendre les événements », mentionne René Dubreuil.
Au lendemain de l'incident, plusieurs ont pointé du doigt les feux de circulation de type semi-protégé, permettant aux automobilistes d'effectuer un virage à droite même si les piétons ont la priorité.
« Les conclusions de notre étude vont à la cour, si on va à la cour, car il n'y a aucune accusation pour l'instant dans le dossier », indique M. Dubreuil.
La circulation aux abords de l'intersection a été perturbée par la présence policière, se faisant sur une voie de chaque côté sur le pont. La reconstitution s'est terminée aux environs de 8 h.