Heures supplémentaires : le CHUS prend action

Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) est loin de demeurer les bras croisés devant les statistiques démontrant que ses heures supplémentaires sont plus élevées que la cible du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Plusieurs stratégies sont mises en oeuvre pour tenter de rendre tous les employés heureux.
«Nous mettons beaucoup d'accent pour que les heures supplémentaires soient planifiées. Nous sommes sensibles au fait que ce qui peut déranger le plus les employés est l'impossibilité de concilier leur horaire avec la vie à l'extérieur. Nous publicisons tous les besoins environ huit semaines d'avance. Les infirmiers ont accès à tous les besoins et peuvent choisir de faire des quarts dans l'unité de leur choix», explique Sasha Cardinal, directrice adjointe pour la direction des ressources humaines et de l'enseignement au CHUS.
«Avec cette stratégie, nous avons à peu près 30 % des besoins en heures supplémentaires qui sont comblés. Tout le reste se comblera au fur et à mesure selon les décisions de dernière minute.»
Il s'agit là d'une mesure qui plaît bien au syndicat, selon Guillaume Carette, président du syndicat interprofessionnel de la santé du CHUS. «Le CHUS est un bon partenaire parce qu'on arrive à négocier des choses qu'on ne trouve pas ailleurs.»
L'un des moyens de réduire les heures supplémentaires demeure sans aucun doute l'embauche de nouvelles ressources. «Nous avons déployé des efforts importants pour accroître notre visibilité au Québec et à l'international. En février 2011 et en mai 2013, nous avons aussi offert à tous ceux qui avaient un temps partiel d'obtenir un poste à temps complet. La moitié des gens ont accepté. Mais les plus jeunes ne veulent pas nécessairement faire du temps complet. Ils préfèrent gérer leur horaire et conserver leur flexibilité. Ça rend la gestion plus complexe et nous oblige à avoir des stratégies à la carte», précise Mme Cardinal.
Le CHUS cherche aussi à améliorer son taux de rétention pour que les nouvelles infirmières restent à son emploi. «Le CHUS est un établissement très attirant. On est le seul centre universitaire en région. Les gens ont accès à des spécialités, à des technologies de dernière pointe. Nous nous donnons encore deux ans pour mettre en place de nouvelles stratégies pour atteindre nos cibles.»
Une «équipe volante sectorielle» a aussi été mise en place pour combler les besoins dans deux ou trois secteurs spécialisés.
Guillaume Carette est heureux des efforts pour améliorer la rétention, même s'il croit qu'ils auraient peut-être dû être mis en place plus tôt. «Il reste qu'il y a des limites à ce que nous pouvons faire au CHUS à l'interne. Il faudrait que les CLSC et les groupes de médecine familiale remplissent pleinement leur rôle pour que les ressources qui s'y trouvent puissent prendre en charge une partie de la clientèle que nous avons. Consulter dans une salle d'urgence coûte plus cher au système que dans une clinique médicale.»
M. Carette s'inquiète surtout pour la santé de ses membres qui doivent constamment répondre aux besoins de personnel supplémentaire. «Avant, les gens étaient plus en forme et pouvaient en faire plus. Avec les années qui passent, le physique est moins capable d'en prendre.»
Il prévient aussi que l'obtention obligatoire du statut professionnel pour les infirmières pourrait avoir des conséquences. «Le MSSS songe à rendre la formation au bac obligatoire. Si tel est le cas, il faut s'attendre à ce que tout le monde doive passer par là, donc qu'il faudra deux ans de plus avant que la main-d'oeuvre soit sur le terrain...»