Simon Gilbert, représentant syndical des pompiers et pompières de Sherbrooke, Jean-François Lapointe, porte-parole des associations d'employés municipaux de Sherbrooke, et Mario Bernard, président des cols bleus, ont l'intention de rester unis pour contester le grief patronal.

Grief patronal à l'encontre des cols bleus et des employés d'Hydro

La Ville de Sherbrooke procédera au dépôt d'un grief patronal à l'encontre des syndicats des cols bleus et des employés d'Hydro-Sherbrooke en lien avec l'utilisation des biens publics de la Ville lors de la manifestation du 17 juin contre le projet de loi 3 portant sur les régimes de retraite.
«Bien que la manifestation était illégale, on a constaté qu'elle s'est déroulée dans l'ordre et nous n'avons pas eu à déplorer des gestes disgracieux comme à Montréal», a tout d'abord souligné le président du comité exécutif Serge Paquin lors de la séance du conseil de lundi.
«Toutefois, ce qui a irrité les citoyens et les élus, c'est le fait de manifester avec les équipements municipaux dont les fins ne sont pas de participer à des manifestations, mais plutôt de rendre service aux contribuables. On considère que c'est inadmissible», a souligné M.Paquin.
Le président du comité exécutif a également souligné le temps utilisé par les employés pour prendre part à la manifestation alors que leur pause avait pris fin.
«Les gens au volant des véhicules ont très certainement pris du temps au-delà du temps de pause régulier. À cet égard, tant au niveau de l'utilisation des équipements que du temps qui a excédé le temps de pause, il y aura dépôt d'un grief patronal à l'encontre des syndicats des cols bleus et des salariés d'Hydro-Sherbrooke, les deux services dont les véhicules ont été utilisés», a annoncé M. Paquin.
Bien que ce soit seulement le syndicat des cols bleus et les employés d'Hydro-Sherbrooke qui sont visés par le grief, tous les syndicats recevront un avis aujourd'hui les informant du caractère illégal de l'arrêt de travail coordonné entre employés. La note soulignera également qu'en cas de récidive, ils devront faire face à des mesures administratives ou disciplinaires selon les dispositions du Code du travail.
Inacceptable
La sanction a provoqué la colère des représentants des syndicats présents à l'hôtel de ville.
«On n'est pas surpris d'entendre cette sanction, mais on déplore cette situation puisque c'est l'ensemble des employés qui ont manifesté alors que l'on vise seulement deux services dans le grief. C'est inacceptable», a dénoncé Jean-François Lapointe, porte-parole de l'ensemble des associations de la Ville de Sherbrooke par rapport aux régimes de retraite.
«Nous avons l'intention de contester jusqu'au bout. Nous on considère qu'on a fait ça dans les règles de l'art et nous avons respecté les 15 minutes de pause contrairement à ce que M.Paquin affirme», a-t-il martelé.
«Ce n'est pas en donnant une sanction à seulement deux groupes qu'ils vont nous diviser, a renchéri Simon Gilbert, représentant syndical pour les pompiers et pompières de Sherbrooke. Nous allons rester unis dans ce combat contre la loi 3.»
Invitation à la Table de réflexion
Plus tôt dans la soirée, Jean-François Lapointe a invité le maire de Sherbrooke à participer à la Table d'analyse et de réflexion sur les régimes de retraite. «Venez participer avec nous et ainsi éviter le pire conflit de travail que l'on souhaite éviter dans les prochaines années.»
Bernard Sévigny a cependant décliné son invitation. «Le conseil a délégué les conseillères Chantale L'Espérance et Hélène Dauphinais pour piloter le projet des régimes de retraite. Comme cette table porte sur le dossier des fonds de retraite, ce sont les deux dames qui agissent au nom du conseil», a-t-il répondu.
Rappelons que les employés avaient entre autres stationné une chargeuse devant l'hôtel de ville lors des manifestations qui s'étaient déroulées aux quatre coins de la ville en après-midi le 17 juin. Cette sortie publique a été orchestrée en opposition au projet de loi 3 sur les régimes de retraite.