Chantal L'Espérance

Gouvernance: des conseillers se rallient à la proposition L'Espérance

À la veille du lac-à-l'épaule sur le projet de réforme de la gouvernance à Sherbrooke, plusieurs élus indépendants se sont ralliés hier à la position de la conseillère Chantal L'Espérance sur le sujet. En séance du conseil municipal le 3 février, Mme L'Espérance avait notamment proposé de réduire le nombre de conseillers en le faisant passer de 19 à 15 et de redécouper le territoire de manière à obtenir cinq arrondissements plutôt que six.
En point de presse, les conseillers Pierre Tardif, Annie Godbout et Nicole Bergeron, de même que les conseillers d'arrondissement Benoît Dionne, Linda Boulanger et Claude Charron ont exprimé leur accord avec la proposition L'Espérance. Absents, David Price et Kathleen Gélinas appuient également la conseillère du district du Domaine-Howard dans une réforme qui permettrait des économies de 1 455 000 $.
Dans cette proposition, le territoire de Brompton serait annexé à celui de Saint-Élie, où un conseiller et trois conseillers d'arrondissement seraient élus. Cinq conseillers seraient nécessaires pour le regroupement des districts de Rock Forest et des Châteaux-d'Eau avec l'arrondissement de Jacques-Cartier, contre quatre pour le regroupement de Deauville avec l'arrondissement du Mont-Bellevue. La situation de Lennoxville demeurerait inchangée alors que quatre conseillers travailleraient dans l'actuel territoire de Fleurimont.
« Il faut renforcer les arrondissements au lieu de les affaiblir, parce que si on veut les affaiblir, aussi bien les faire disparaître complètement. Nous on croit aux arrondissements. Nous voulons conserver leurs compétences et leur imputabilité. Sur la compétence des arrondissements, on ne veut pas céder un pouce », a expliqué Chantal L'Espérance.
« Si on veut exercer un service de proximité, c'est par les arrondissements que ça doit passer. Nous voulions entamer un travail de réflexion pour identifier nos convictions et les lieux communs entre nous, a raconté Annie Godbout. En pensant à la réforme de Bernard Sévigny, l'image la plus probante qui nous est venue est celle du cupcake, avec beaucoup de glaçage et beaucoup de couleur. C'est comme un dessert avec tellement de glaçage qu'on oublie l'essentiel. L'essentiel, c'est le gâteau moelleux tout au fond, et pour nous, ce gâteau, ce sont les arrondissements. La réforme proposée affaiblit les arrondissements, ce qui donne l'impression de pelleter le problème en avant sans le régler.
« Quand les services sont centralisés, le processus décisionnel est issu de listes. Tout est mis dans une liste qui est établie avec des critères, et la décision est prise basée sur ces critères. Pour nous, c'est important de garder des pouvoirs dans les arrondissements pour éviter que les services tombent dans des listes », ajoute Mme Godbout.
Pour cette raison, le regroupement propose de maintenir les compétences de loisirs et de parcs dans les conseils d'arrondissement. Pour un meilleur arrimage, on recommande de mettre en place trois divisions « centralisées », soit la division des sports, la division de la culture et des bibliothèques et la division des loisirs et du développement des communautés.
« On dit qu'une structure centralisée ne fait jamais d'économies. C'est prouvé. Il y a des compagnies dans le monde entier qui l'ont compris et qui décentralisent pour une meilleure efficacité et c'est ce qu'on croit », ajoute Mme L'Espérance.
« On ne peut pas avoir un modèle avec des arrondissements et viser la centralisation. Quand il y a eu la fusion municipale, le central a gardé certaines responsabilités et certaines ressources humaines qui n'ont pas été cohérentes avec le choix que cette ville allait être construite avec un système de gouvernance locale que sont les arrondissements », précise Nicole Bergeron.
« C'est de la poudre aux yeux de dire qu'il va y avoir encore un concept d'arrondissements et de services de proximité avec la proposition de M. Sévigny. Notre position est de renforcer les arrondissements parce qu'on leur redonne les pouvoirs de gouvernance locale. »
Les élus présents hier matin proposent donc de diviser le débat en trois temps pour éviter la confusion. La structure politique devrait selon eux être prioritaire, soit le nombre d'élus et d'arrondissements et le pouvoir dévolu à ces arrondissements. Ils s'attarderaient ensuite à la réorganisation des loisirs et des parcs, tandis que la mise en place du service 311 pourrait faire l'objet d'un débat dans un troisième temps, à un moment jugé plus opportun.