Annie Godbout

Godbout souhaite une vision à long terme de la Place Nikitotek

La conseillère du district de Rock Forest Annie Godbout réitère sa suggestion de réfléchir à un plan de développement pour la place Nikitotek. Alors que les élus ont approuvé un budget de 75 000 $ pour animer la scène du centre-ville dans les semaines précédant ou suivant le spectacle de Québec Issime, Mme Godbout a de nouveau plaidé en faveur d'une vision claire pour ladite place.
« Chaque année, on va investir 275 000 $ dans un spectacle, plus 75 000 $ pour les spectacles en marge. Pour moi, ça s'ajoute. Qui va prendre la responsabilité d'écrire une vision pour les trois ou cinq prochaines années? Qui écrira un modèle d'affaires qui pourrait être intéressant pour la Ville? Est-ce qu'on devrait mandater Animation centre-ville? Destination Sherbrooke? Je pense qu'on peut déjà regarder les résultats des trois ou quatre dernières années et qu'on pourrait commencer à réellement se pencher sur le dossier », soumet-elle.
« Quand on fait des projets à la pièce, on travaille de façon micro alors qu'à mon sens, on devrait voir plus large pour se donner une vue d'ensemble. Ça prend une vision. L'avenir de la place Nikitotek ne doit pas reposer sur un seul spectacle. Il faut y réfléchir et trouver une manière d'élargir un peu plus. Et il faut donner le temps pour que les projets fonctionnent bien plutôt que de faire des projets à la pièce », ajoute-t-elle.
Interrogé à ce sujet, Alain de Lafontaine, directeur général et artistique d'Animation centre-ville, hésite à se prononcer. Responsable de la programmation en marge du spectacle De Willie à Dolly, M. de Lafontaine estime que les dés sont lancés pour cette année. « On ne peut pas penser à une vision à long terme tant qu'on ne voit pas si le projet de cette année est gagnant. C'est un dossier qui est assez politique, avec des tractations et des stratégies. On ne peut pas le voir comme un entrepreneur qui aurait une vision à long terme, parce que les décisions sont ajustées année après année.
« Pour cette année, la décision est prise et il faut l'assumer. Il y a des préoccupations qui ont été nommées à plusieurs reprises, mais si on veut un plan à long terme, ce sera aux élus de se prononcer. »
Le maire Bernard Sévigny ne voit pas comment une planification à long terme pourrait fonctionner. « On l'a vu avec Omaterra et Les 7 doigts de la main, il y a toujours un peu de tâtonnement. On aurait beau avoir un plan de cinq ans, l'industrie du spectacle ne fonctionne pas comme ça. Je ne voudrais pas m'attacher les mains pour cinq ans avec un spectacle qui ne marcherait pas. De toute façon, nous ne sommes pas dans une phase d'investissements massifs dans la place Nikitotek. Chaque année, on se pose la question à savoir si on continue à l'animer de la même façon. Je ne vois pas comment on pourrait la gérer autrement. »
La conseillère Diane Délisle relativise quant à elle l'importance des investissements à la place Nikitotek. « Des événements culturels, il n'y en a pas beaucoup qui sont rentables. On ne peut pas souvent charger le prix que ça coûte réellement aux citoyens. C'est pourquoi ils sont subventionnés. C'est une réalité. Si on ne regardait que ce que coûtent les événements par rapport à ce qu'ils rapportent, je peux vous dire qu'il n'y aurait pas beaucoup d'arénas ouverts à Sherbrooke. On ne peut pas toujours évaluer chaque activité en fonction du coût par spectateur ou participant.
« L'idée de développer un plan de trois à cinq ans pour la place Nikitotek n'est pas inintéressante en soi. Ce serait l'idéal, mais ce ne serait pas réalisable. Les spectacles en plein air sont toujours tributaires de tellement d'éléments. »