Les citoyens étaient tellement nombreux lors de la séance d'information sur les zones potentiellement exposées aux glissements de terrain que la salle paraissait trop petite.

Glissements de terrain: une centaine de citoyens expriment leurs craintes

Les citoyens inquiets étaient nombreux jeudi au bureau de l'arrondissement du Mont-Bellevue, à l'occasion des séances d'information et de consultation sur les zones potentiellement exposées aux glissements de terrain. Les quelque 140 résidants présents ont notamment formulé des craintes quant aux difficultés d'assurer leur propriété.
Dans un premier temps, Danielle Gilbert, directrice du Service de planification et de développement urbain à la Ville de Sherbrooke, a mentionné que plus de 2000 propriétés, réparties dans 384 zones, étaient concernées sur le territoire de la ville. Elle a rappelé qu'à la suite de questions sur l'exactitude de la cartographie, 84 zones ont été réévaluées cet automne. De celles-là, 19 ne sont plus considérées à risque et 65 ont été modifiées.
Avant d'entendre les questions des citoyens, une présentation a permis de définir ce qu'est un glissement de terrain et comment sont établies les zones jugées à risque.
« On était conscient que les gens voudraient des informations provenant de professionnels qui ne relèvent pas de la Ville. Nous avons donc trouvé des références autant que possible. La bonne nouvelle, c'est que le taux de participation est important, donc que les gens s'informent et feront les suivis qui s'imposent. Je pense que nous avons donné les informations au meilleur de ce qui était disponible », a indiqué Mme Gilbert.
« La réalité, c'est qu'à ce jour, nous délivrons des permis de construire dans des zones exposées aux glissements de terrain. Les études ont prouvé qu'il n'y avait pas de problème, donc les évaluations de propriétés ne sont pas touchées. »
Le citoyen Andrew Forrest s'est montré somme toute satisfait de la présentation. « La Ville a fait son bout d'effort, mais je trouve ça plate que des citoyens soient encore coincés dans cette situation et que le fardeau de la preuve leur revienne pour démontrer qu'ils n'ont pas à être en zone potentiellement exposée aux glissements de terrain. On ne réussit pas à avoir toutes les réponses concernant les assureurs, les banques, pour ceux qui demeurent dans ces zones. »
Ce citoyen, qui avait déploré la situation en septembre, avait vu la vente de sa maison avorter. Aujourd'hui, sa propriété est vendue et a été retirée des zones à risque. « Personne ne veut acheter une maison dans une zone où il risque d'y avoir des problèmes... », assure-t-il.
Guylaine Leduc, elle, ne comprenait pas que les normes soient établies en fonction des glissements de terrain survenus dans des sols meubles alors que Sherbrooke est bâtie sur le roc. Elle a aussi senti une ouverture quant à sa situation particulière. « Je demeure dans une zone à risque en raison de la construction au bout de mon terrain d'un bassin de régularisation des eaux pluviales, mais est-ce que la Ville va reconnaître qu'elle a une part de responsabilité là-dedans et apporter des correctifs? »
D'autres citoyens ont déploré l'absence de spécialistes provenant d'institutions bancaires ou de bureaux d'assurances pour répondre à leurs questions. « On veut de vraies réponses. Appelez un assureur et dites-lui que vous êtes dans une zone de glissement de terrain. Personne ne vous assurera », a tonné Sylvie Sideleau.
« Le Ministère de la Sécurité publique, comme nous, a été surpris d'entendre ces réponses. Nous sommes en contact avec le Bureau des assurances du Canada (BAC) depuis plusieurs années et nous avons un message contradictoire entre ce que le gouvernement nous dit et ce que le citoyen nous rappelle. Nous ferons des vérifications auprès des ressources du BAC », précise Danielle Gilbert.
En 2014, 200 zones supplémentaires devraient être révisées de manière à ce que leur redécoupage soit intégré dans le nouveau règlement de zonage. En 2015 et 2016, une nouvelle collecte de données topographiques devrait mener à une nouvelle cartographie. La Ville voudrait notamment voir comment les normes pourraient être revues en fonction du type de sol. Une révision du cadre de planification des zones potentiellement exposées aux glissements de terrain est aussi prévue.
Cinq autres séances d'information se tiendront dans les prochains jours. Pour obtenir les horaires par arrondissement, consultez le http://www.ville.sherbrooke.qc.ca/glissementdeterrain.