Gibier sauvage: rien d'une concurrence déloyale

Le ministre sortant de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a défendu son projet de servir de la viande sauvage dans 17 restaurants gastronomiques du Québec dès cet automne.
« L'argument de la concurrence déloyale ne tient pas la route », a-t-il lancé.
En effet, les producteurs affirment qu'il y a un coût à l'abattage qu'ils doivent assumer et que n'auront pas à payer les restaurateurs qui utiliseront la viande sauvage.
Seulement une douzaine de cerfs de Virginie seront abattus dans le cadre de ce projet-pilote d'une semaine, affirme le ministre Blanchet.
Le ministre affirme que ce projet ne prendra jamais assez d'ampleur pour nuire aux populations concernées. « On est dans la lointaine anticipation », a-t-il maintenu.
L'Association cerfs rouges Québec (ACRQ), qui compte 200 producteurs, a dénoncé ce projet dès son annonce il y a deux semaines.
Son président, Gaétan Lehoux, s'est notamment dit inquiet quant au respect des règles de salubrité établies par le gouvernement du Québec.
« Nul ne peut tenir d'activités au cours desquelles il y a partage ou vente de viande de gibier, parce que cette dernière ne provient pas d'un abattoir », a-t-il mentionné, s'appuyant sur la Loi sur les produits alimentaires.
Si le ministre Blanchet ignore encore la façon dont se concrétisera ce projet, il assure qu'« il n'y a aura pas l'aube du début d'un risque » entourant la salubrité de la viande servie.
Il ajoute que le processus sera « minutieusement encadré ».
C'est un comité d'experts présidé par le chef propriétaire du restaurant Toqué!, Normand Laprise, qui veillera au bon déroulement du projet.
Il n'est pas encore question pour le moment que l'ACRQ en fasse partie. « Ne confondons pas ouverture et engagement. On va définir le mandat d'abord. Ensuite, on verra ceux qui y participeront », a-t-il insisté.