Gérald Larose s'oppose au maintien du crucifix au Salon bleu

Alors que le débat sur la charte de la laïcité a « complètement dérapé », l'un de ses défenseurs et ex-leader syndical bien connu Gérald Larose estime que « les libéraux sont dans le champ à vouloir garder le crucifix » à l'Assemblée nationale.
<p>Gérald Larose</p>
De passage mercredi à Sherbrooke où il a été honoré par le Service d'aide aux néo-Canadiens, M. Larose, qui enseigne à l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), estime que « les gens mêlent tout entre les espaces publics et ceux de la vie privée ».
Ainsi, pour les personnes d'autorité et en lien avec l'État, de même que les institutions publiques, « les signes religieux n'ont pas leur place ».
« Par exemple, à l'UQAM où j'enseigne, c'est un établissement laïque et non plus ecclésiastique, comme l'a consacré il y a longtemps le rapport Parent. Donc, l'université ne doit présenter aucun signe religieux. Par contre, pour les étudiants, c'est autre chose. J'en ai même deux dans mes cours qui portent le voile et ça ne me dérange pas un instant. Par contre, s'ils se retrouvent plus tard en lien de travail avec le public, ils devront le faire à visage découvert. C'est pas plus compliqué que ça», a illustré M. Larose avec le franc-parler qu'on lui connaît.
D'ou pour lui la « position indéfendable » du chef libéral Philippe Couillard, de maintenir la présence du crucifix dans le Salon bleu de l'Assemblée nationale, au-dessus du siège du président qui représente l'autorité de l'État québécois.
« Ça ne tient pas la route... Ce crucifix, d'ailleurs un élément politico-religieux d'une époque révolue de 1936 sous Maurice Duplessis, doit être enlevé. Qu'on le mette dans un corridor du parlement quelque part comme article patrimonial avec une plaque explicative sur sa provenance et ainsi de suite, j'ai pas de problème avec ça! Mais pas là où il est actuellement. C'est pas la place d'un symbole religieux », a tonné l'ancien fils de Bury.