Fusion du CSSS-IUGS et du CSSS du VSF: les syndiqués inquiets

«Les mégastructures, ça nous inquiète un peu. On en a vu d'autres...»
L'annonce de la fusion du CSSS-IUGS et du CSSS du Val-Saint-François, faite la semaine dernière, suscite des craintes chez les syndiqués qui y travaillent.
«On s'inquiète de la qualité des postes offerts à nos membres. Quand, par exemple, des infirmières sont sur appel, on va les faire travailler à Sherbrooke et dans le Val-Saint-François? On ne sait pas jusqu'à quel point ça va avoir un impact sur l'attraction et la rétention du personnel», affirme Marie-Josée Forget, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l'Estrie, qui représente les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes du CSSS-IUGS. L'optique de travailler en alternance dans des établissements situés à Sherbrooke, Windsor ou encore Valcourt pourrait être peu invitante pour de nouveaux employés.
«Le directeur général [NDLR: Roch Rousseau, directeur général par intérim du CSSS du Val-Saint-François] a dit qu'il n'y aurait pas de coupures de postes, mais qu'on allait procéder par attrition. Il va y donc avoir des départs non comblés», déplore également Mme Forget.
Parmi les autres inquiétudes exprimées, notons la fusion des listes d'ancienneté ou encore les impacts sur la stabilité des équipes de travail.
Les préoccupations des membres se retrouvent également dans les autres syndicats des CSSS concernés. «Je ne peux pas parler pour les autres syndicats, mais pour les côtoyer dans des rencontres intersyndicales, ensemble on y a gouté aux mégastructures et aux fusions. Personne n'a manifesté d'enthousiasme à ce niveau-là, autant concernant les conditions de pratique que la qualité des services.»
Diminution de services
Car au-delà des conditions de travail, c'est aussi la qualité des services dispensés aux usagers qui préoccupe les employés.
«Ces mégastructures-là ont souvent pour impact d'éloigner les services des lieux de résidence des citoyens», avance Mme Forget. Par exemple, dit-elle, un couple âgé ayant un besoin en hébergement pourrait se trouver séparé dans deux établissements, situés dans des villes éloignées.
Quant aux prétentions du ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui affirme que les coupures affecteront le personnel-cadre avant les services, Mme Forget reste dubitative.
«Ce que j'ai vu [dans les fusions] depuis 1995, c'est qu'on enlève un directeur général, mais souvent le directeur général qui reste en place a une augmentation de salaire, on ajoute des adjoints ici et là et on augmente le personnel d'encadrement parce que le territoire est plus vaste et il faut supporter des équipes à distance. On a rarement vu une diminution dans le personnel-cadre, c'est souvent plus dans les personnes qui donnent les services.
«Je ne sais pas comment le ministère peut prétendre que les efforts d'optimisation qu'il demande n'affecteront pas les services. J'ai de la difficulté de croire à ça.»