L'expédition XPAntarctik, composée de Caroline, Alexandre, Emmanuelle, François, Samuel et Marina, a exploré des coins de la planète qui n'avaient jamais été foulés par l'Homme.

Frôler la mort en Antarctique

Il s'en est fallu de peu pour que François Mailhot et ses compagnons de cordée trouvent la mort au cours du dernier périple de XPAntarctik sur le continent le plus froid de la planète. Pris dans des conditions climatiques difficiles, François a fait une chute d'une trentaine de mètres. Heureusement, ses équipiers ont été en mesure de le tirer de son mauvais pas.
«Nous avons été frappés par un gros blizzard, on ne voyait absolument rien devant. J'ai fait une chute de 30 mètres, la tête première. Lorsque j'ai vu la longueur de corde au-dessus de moi, je savais que Marina n'était pas très loin de la falaise. J'ai eu extrêmement peur, mais j'ai pu compter sur mon équipe», a-t-il dit.
François et ses comparses Marina, Samuel, Alexandre, Caroline et Emmanuelle ont quitté le Québec pour une mission qui aura duré 41 jours. Leur objectif était d'explorer des coins de la planète qui n'avaient jamais été foulés par l'Homme, ainsi que de tester la résistance du corps humain aux froids intenses. Les données recueillies serviront à la recherche, mais également à inspirer d'autres aventuriers.
M. Mailhot et son équipe ont mis le cap sur l'Antarctique le 2 février dernier. Après avoir navigué 1700 km à travers le tumultueux passage Drake, où les icebergs, les vents parfois forts et les vagues faisaient partie des dangers, ils ont jeté l'ancre sur la côte du continent austral par une belle journée ensoleillée.
Leur principal défi une fois sur la terre ferme consistait à marcher sans carte ni coordonnées GPS leur permettant d'établir leur altitude, le continent n'étant pas documenté. Ils ont dû parcourir 250 km de l'endroit où ils ont accosté, jusqu'au plateau, afin de gravir des montagnes que personne n'avait pu grimper avant eux. Si les températures difficiles leur ont rendu la tâche difficile, c'est la traversée de ce qu'ils nomment le «Catwalk» qui a été le plus ardu. L'aspect technique du terrain et les nombreuses chutes de glace ont rendu l'aventure particulièrement périlleuse.
«Ça nous a pris 14 jours seulement pour nous rendre sur le plateau. En route, un de nos équipiers est tombé dans une crevasse et a perdu ses couteaux. Il a fallu que j'aille les chercher en rappel», a raconté le Drummondvillois.
Mal en point
Il a beau avoir vu la mort de près, François Mailhot n'était pas au bout de ses peines. Alors que l'équipage était prêt à gravir les monts explorés, il a été frappé par une maladie qui l'a confiné à son lit pendant cinq jours. Celui qui est surnommé «The Beast» par ses compères n'était plus l'ombre de lui-même.
«J'étais à -2 d'énergie. J'avais mal à la gorge, mal à la tête et je n'étais pas capable de manger. Les autres ne m'avaient jamais vu comme ça», a-t-il dit.
Contraint à l'abandon, il est demeuré au campement pendant que trois de ses collègues faisaient le nécessaire pour que XPAntarctik réussisse l'objectif premier de sa mission. S'il est déçu de n'avoir pu faire le trajet jusqu'au bout, il en ressort tout de même avec une certaine fierté.
«Ça me fait de quoi c'est sûr, mais mon équipe l'a fait et, quelque part, j'étais avec eux», a-t-il conclu.