Fermeture de Saniloc: 65 travailleurs perdent leur emploi

L'entreprise américaine G&K a procédé, au cours des dernières semaines, à l'acquisition stratégique de la Drummondvilloise Saniloc afin d'en faire la fermeture. Les 65 travailleurs de l'entreprise perdent leur emploi.
«Ça n'a pas été une décision facile à prendre, convient le président de Saniloc, Denis Tétreau. Des décisions prises au cours des dernières années et la récente récession ont rendu les choses difficiles sur le marché des uniformes pour travailleurs. Dans ce contexte, nous avons cru que c'était la décision que nous devions prendre».
Le président a précisé avoir tout fait afin que ses employés conservent leurs postes. Lui et ses frères, Claude et André, étaient prêts à faire d'importantes concessions afin que l'usine de la rue Sainte-Thérèse demeure ouverte et qu'on conserve les emplois ici. Il n'y avait toutefois rien à faire.
«Étant donné la situation, notre acheteur cherchait à obtenir plus de volume pour faire travailler ses employés. Il n'avait pas d'intérêt pour nos installations», explique-t-il.
Afin de faire face à la compétition américaine et pour demeurer chef de file dans l'industrie de la location et de l'entretien de vêtements de travail, Saniloc avait investi plus d'un million $ au cours des trois dernières années afin, notamment, de se conformer aux normes HACCP. Cet investissement a permis à l'entreprise d'automatiser complètement ses opérations de triage et d'assemblage grâce à un système d'automatisation informatisé. Ce qui lui a permis d'augmenter ses parts de marché et de viser des secteurs plus importants.
Confiné dans de minuscules installations, Saniloc devait investir davantage afin d'être en mesure de concurrencer les gros joueurs du marché. M. Tétreau ne cache pas que la partie aurait été bien différente si lui et ses frères avaient été quelques années plus jeunes. Cette vente signifie, en quelque sorte, la retraite pour le trio.
«C'est sûr que les choses auraient été différentes si nous avions eu 20 ans. Nous en avons connu des embûches au fil des ans, nous nous sommes retroussé les manches et nous sommes toujours passés à travers. Cette fois, c'est différent», admet-il, précisant que l'un de ses frères a été contraint à l'abandon il y a maintenant un peu plus de deux ans pour cause de maladie.
C'est le coeur gros que Denis Tétreau mettra la clé dans la porte de l'entreprise familiale fondée en 1967. Il ne manque pas d'avoir une pensée pour ces travailleurs qui se retrouveront sans emploi. Certains étaient en poste depuis plus de 35 ans.
«Ils ont offert un travail aussi soigné qu'à l'habitude jusqu'à la toute fin. Tout le monde est resté et l'ambiance de travail est demeurée bonne. Nous avons offert l'aide psychologique nécessaire et avons mis sur pied un comité de reclassement», conclut-il.