Le chemin Brochu où est situé l'ancien Domaine Drolet a été fermé à la circulation pendant plus de cinq heures, lundi, le temps que les techniciens en explosifs de la Sûreté du Québec analysent le contenu de l'étui trouvé près d'un des deux coffres-forts du domaine. L'analyse a démontré qu'aucun explosif n'était en cause. Une vingtaine de membres de la Fondation Essenia, à qui appartient aujourd'hui le domaine, ont pu réintégrer les lieux peu après 17 heures.

Fausse alerte à la bombe à l'ancien Domaine Drolet

L'ancien Domaine Drolet, situé à Cookshire-Eaton, où vivent les membres de la Fondation Essenia, a dû être évacué d'urgence lundi midi après qu'un membre de cette organisation eut découvert ce qu'il croyait être une bombe près d'un des deux coffres-forts du domaine. La menace s'est finalement révélée non fondée. 
Il était autour de 11 h 30 lorsque le branle-bas ayant mené à la fermeture du chemin Brochu a commencé. Depuis le matin, quelques membres de la Fondation s'affairaient à faire le ménage dans l'un des huit bâtiments que compte le domaine et en particulier dans celui où l'on retrouve deux coffres-forts ainsi qu'une impressionnante collection d'armes à feu ayant appartenu à l'ancien propriétaire, Léopold Drolet, aujourd'hui décédé.
«On faisait ce qu'on appelle notre grand ménage de l'automne», a expliqué à La Tribune le président et fondateur d'Essenia, Pier Antoine Marier qui a acquis le domaine il y a tout juste un an.
«On était en train de sortir des chaises à l'extérieur lorsqu'on s'est aperçu qu'une des chaises était beaucoup plus pesante que les autres, raconte M. Marier. Un de nos membres, qui est militaire, a examiné la chaise et il a trouvé un étui de dynamite placé en dessous de la chaise d'où sortaient deux fils rattachés à des batteries.»
À leur arrivée, les policiers de la Sûreté du Québec ont ordonné aux 25 résidents du domaine d'évacuer les lieux, le temps de faire intervenir les experts en explosifs du Centre d'urgence de Saint-Hubert sur la Rive-Sud de Montréal.
«Tout le monde a dû quitter, hommes femmes et enfants, a indiqué M. Marier. On nous a d'abord amené au Centre communautaire, mais on s'est rendu compte au bout d'un certain temps qu'on ne pouvait pas rester là étant donné que le centre est situé en zone inondable. On s'est donc retrouvé dans le sous-sol d'une église de Cookshire où là il n'y avait pas d'eau potable.»
Une équipe de la Croix-Rouge a été dépêchée auprès des évacués de la Fondation, mais sans que cela n'améliore leur situation, a déploré M. Marier. «On ne nous a rien donné à manger. La plupart d'entre nous n'avaient pas dîné, plusieurs avaient faim et soif, mais personne ne m'a offert une tasse de café, rien. Pour souper, il a fallu qu'on aille tous au Subway à nos frais...»
Selon l'agent Marc Butz, des relations publiques à la Sûreté du Québec, les techniciens en explosifs n'ont trouvé aucune matière suspecte sous la lourde chaise. «On ignore ce que c'était exactement, mais il n'y avait aucun danger pour les résidents. Tout le monde a pu réintégrer le domaine aux environs de 17 heures», a dit l'agent Butz.
Il s'agit d'une deuxième épreuve en moins de cinq mois pour M. Marier et les membres de la Fondation Essenia.
En juin, de violentes rafales de vent avaient endommagé un barrage et vidé les deux principaux lacs du domaine de 249 acres, laissant derrière des dommages évalués à plus d'un demi-million de dollars.
«C'est des épreuves difficiles à vivre, mais ce n'est pas grave, disait hier soir M. Marier quelques instants après avoir réintégré son domaine. On est des Québécois solides et on va passer à travers celle-là, comme on a passé à travers l'autre.»