Faculté de théologie et de philosophie: manque d'étudiants... et manque d'argent

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Les difficultés que connaît la faculté de théologie, d'éthique et de philosophie (FATEP) de l'Université de Sherbrooke amènent la direction de l'UdeS à revoir son fonctionnement, notamment pour y attirer plus d'étudiants. Le déficit de la faculté pourrait atteindre cette année 500 000 $ et porterait ainsi son déficit accumulé à 5,5 millions $.
La faculté comprend deux départements: celui de philosophie et celui d'études religieuses. Les étudiants de philosophie ont été conviés, vendredi, à une rencontre visant à les informer sur «le scénario actuellement envisagé pour assurer l'avenir et le développement des programmes de philosophie». Différentes sources laissent entendre que le département de philosophie pourrait être rattaché à la faculté des lettres et sciences humaines, comme ce fut le cas dans le passé.
 
Selon les données du bureau du registraire de l'UdeS, quelque 606 étudiants sont inscrits à la FATEP. Ces chiffres incluent tous les types de formations offertes, comme les microprogrammes. De ce nombre, 175 sont inscrits à temps plein. À titre d'exemple, à l'automne 2008, au baccalauréat en théologie, on compte trois étudiants inscrits pour la première session. Le baccalauréat en philosophie en compte 13. Rappelons qu'une part du financement des universités est directement liée aux inscriptions.
Le directeur du cabinet du recteur, Jacques Viens, soutient qu'une consultation est en cours. «C'est un processus en marche depuis plusieurs mois; tous les employés ont été rencontrés. Il y a des scénarios et des possibilités qui se dessinent. L'objectif est d'assurer l'avenir et le développement des différentes disciplines sous l'égide de la faculté», commente-t-il en soulignant la volonté de revoir les programmes et les structures administratives. «Tout ça devra se compléter au cours des prochaines semaines et être soumis aux différentes instances.» Une décision doit être prise en mars au conseil d'administration de l'UdeS.
Jacques Viens souligne que même si la situation budgétaire de la FATEP s'avère préoccupante, le débat n'est pas strictement animé que par des considérations financières. L'objectif n'est pas de couper des postes, assure-t-il. Rappelons que l'UdeS a terminé l'exercice financier 2007-2008 avec un surplus de près de 700 000 $.
Vice-président de l'Association étudiante de théologie, d'éthique et de philosophie (AETEP), Daniel Proulx s'inquiète du scénario qui sera proposé. Selon lui, renvoyer le département de philosophie à la faculté des lettres et sciences humaines pourrait menacer la faculté et constituerait un retour à la case départ. «Il faut aller chercher des étudiants... Il faut aller vers une spécialisation des programmes plutôt qu'une généralisation», fait-il valoir.
«Il peut y avoir des inquiétudes. La volonté de l'Université est d'assurer ces disciplines-là et d'assurer la meilleure organisation.» C'est actuellement le recteur de l'institution, Bruno-Marie Béchard, qui assume les fonctions de doyen de la faculté.
La présidente du Syndicat des professeures et des professeurs de l'Université de Sherbrooke (SPPUS), Carole Beaulieu, note que la situation vécue à la FATEP n'est pas nouvelle. «À notre connaissance, ce n'est certainement pas la seule faculté à être en déficit», dit-elle en citant d'autres facultés. Selon elle, cette situation est attribuable au mode de gestion décentralisé. «Les facultés sont payées en fonction du nombre d'étudiants qu'elles attirent», explique-t-elle.