Près de 80 % des citoyens réunis dans la salle du conseil municipal s'opposaient au projet permettant la tenue d'événements motorisés sur un terrain adjacent à la réserve naturelle des Montagnes-Vertes. Les interventions musclées n'auront toutefois pas empêché les élus de procéder.

Événements motorisés: Potton dit oui dans la controverse

Dans une séance de conseil municipal pour le moins mouvementée, les élus de Potton ont adopté à 3 contre 2 le projet de loi permettant la tenue d'événements sportifs motorisés dans une gravière située en bordure de la zone naturelle protégée des Montagnes-Vertes.
<p>Louis Pierre Veillon</p>
Près de 70 citoyens ont tenu à s'exprimer lundi soir, mais le vote s'est effectué avant la période de questions, ce qui a soulevé un tollé dans l'assemblée.
Impuissants, les opposants ont multiplié les interventions et les applaudissements soutenus pour signifier leur mécontentement, sans résultat.
Le terrain de 52 acres appartenant au Club Ruiterbrook pourra donc accueillir deux courses d'une journée par année, soit une en hiver et une en été. L'événement devra se dérouler entre 7 h et 21 h.
«Si c'est la direction que vous voulez prendre M. le maire, je mets une pancarte à vendre devant ma maison», s'est exclamée une citoyenne frustrée.
Le règlement stipule qu'aucune nouvelle construction de bâtiment ne sera tolérée et que la course ne pourra s'effectuer en dehors de la zone de 3000 m2 réservée à cet effet. Le reste du terrain servira de stationnement pour les participants.
Pour autoriser l'utilisation de ce territoire bordé par la réserve naturelle des Montagnes-Vertes, la plus grande à l'est de la Saskatchewan, la municipalité de Potton a dû modifier les conditions de la zone RF1, en y permettant la circulation de véhicules motorisés, tout juste avant de restreindre cet usage au terrain de 52 acres.
«On déplore cette façon de faire, car du jour au lendemain, les élus peuvent abandonner cette clause et permettre la circulation des véhicules à la grandeur de la zone RF1, qui comporte une zone naturelle de haute qualité. Il y aurait peut-être eu moyen de faire une dérogation mineure pour ne cibler que le terrain voulu», indique Frédéric Allali, avocat du regroupement des amis des Montagnes-Vertes.
«Les motos c'est des investisseurs qui rapportent à la municipalité.»
Le maire de Potton, Louis Pierre Veillon, s'est montré rassurant.
«Il faut amener toutes sortes de monde ici pour aider l'économie. Les motos c'est des investisseurs qui rapportent à la municipalité. On change l'usage conditionnel pour avoir un événement de sport motorisé deux fois par année sur la zone annexe du territoire protégé, et que pour cette zone-là. Il n'y a pas de changements sur RF1, il n'y aura pas de droit de passage ailleurs que dans cette zone. On avait besoin d'un placement pour ce genre d'événement, et c'est le seul endroit possible.»
Parce que le terrain de Owl' s Head, qui a été proposé par les opposants, ne répond pas aux besoins, étant trop petits.
Aucun projet de course ne plane dans l'air pour le moment, mais les élus assurent qu'aucun regroupement ne leur profitera financièrement personnellement. Ils garantissent que l'adoption de ce règlement ne constitue pas la première étape de mesures qui permettraient à des motoneigistes de circuler dans la réserve.
«On demande une journée dans l'hiver et dans l'été. On évite même de faire des événements durant les périodes de reproduction des animaux pour ne pas les déranger. Le Canton de Potton comporte 8000 acres de terres protégées et on est en dehors de ça. Jusqu'où il faut aller pour dire qu'on n'est plus trop proche de la zone naturelle? Il y a 7000 personnes qui voyagent en auto pour le Tour des Arts et personne ne bronche; mais on monte sur ses grands chevaux quand on parle de courses. Il faut faire des compromis», mentionne M. Veillon.
«On veut juste tenir des événements sur le terrain parce que la neige est abondante et parce que le terrain est idéal. On n'a pas l'intention de se promener partout autour», indique Michael Mierzwinski, le fils du propriétaire du terrain, qui n'a pas manqué de se faire harceler à la sortie du conseil.
Les citoyens des zones adjacentes à la RF1 auront l'occasion de manifester leur désaccord en faisant une demande d'approbation référendaire. Si le nombre de demandes est suffisant, un registre référendaire s'ouvrira pour éventuellement permettre un référendum.