Engagement, équipe et intensité

En décembre 1993, Martin Dufour obtient son diplôme en génie mécanique à l'Université de Sherbrooke. Aussitôt le réveillon du jour de l'An passé, le jeune ingénieur se lance en affaires et fonde la firme de génie-conseil Merkur. Au cours de ses trois premières années d'existence, l'entreprise travaille presque exclusivement pour BRP à Valcourt.
« J'ai toujours été un fervent de motoneige et je rêvais de travailler avec BRP, chez qui j'avais fait un stage », explique celui qui devient consultant à titre de spécialiste du développement des convoyeurs et des systèmes de chaînes de montage pour le fabricant de véhicules de sport motorisés.
En 1997, les affaires de BRP roulent moins bien et, pour diminuer son risque financier, Merkur entreprend la diversification de sa clientèle en courtisant les entreprises du secteur manufacturier et agroalimentaire de la région.
De 1997 à 2003, le chiffre d'affaires croît rapidement et le nombre d'employés de Merkur passe de 5 à 20. Les entreprises manufacturières comptent sur Merkur pour innover et se développer notamment grâce à son logiciel de conception en trois dimensions.
Dans les années qui suivent, Merkur fait face à deux grandes épreuves, un problème interne et un autre lié au contexte économique.
En 2003, une employée du service de comptabilité fausse les données financières de l'entreprise et achemine des résultats erronés au président-directeur général.
« On a vécu une période très difficile, car j'ai pris des décisions en me basant sur des chiffres qui disaient que tout allait bien alors que ce n'était pas le cas.»
L'entreprise redresse alors ses activités et est forcée de mettre à pied 75 pour cent de son équipe.
Martin Dufour apprend par expérience et, sans cesser de faire confiance à son équipe, il met en place des mécanismes de contrôle et de vérification. Merkur met notamment beaucoup de temps sur son processus d'embauche.
Il faut faire des choix
« J'ai appris que ce qui est important en affaires, c'est une bonne équipe et une bonne clientèle. On n'est pas fait pour travailler avec ou pour tout le monde. Il faut faire des choix, savoir dire non. Et l'argent devient seulement un moyen d'exécuter ce qu'on aime faire et la conséquence d'un job bien fait. »
Puis en 2008, le ralentissement économique et la récession diminuent les activités de 20 pour cent. « Il faut dire que nos clients du secteur manufacturier connaissaient des diminutions de 30 à 35 pour cent à cette période. »
Encore une fois, Merkur apprend à se dépasser en relevant son offre.
Aujourd'hui, l'entreprise compte 65 employés et a des bureaux à Sherbrooke, Saint-Bruno et bientôt à Montréal et Québec. « Les perspectives d'avenir sont excellentes, car de nouveaux marchés se dessinent au Mexique, aux États-Unis et dans le Nord-du-Québec avec le Plan Nord ».
Merkur envisage de doubler sa main-d'oeuvre d'ici cinq ans, d'être au premier rang des firmes de génie-conseil dans le secteur manufacturier et agroalimentaire au Québec d'ici 10 ans et au premier rang en Amérique du Nord d'ici 20 ans.
La firme de génie-conseil a connu une croissance de 100 pour cent depuis deux ans. Une croissance de 20 à 30 pour cent est prévue pour les prochaines années et, à cause d'un manque d'espace, Merkur devra déménager de ses locaux de la rue King Ouest en décembre prochain.
Pour développer ses qualités de développeur et de gestionnaire, Martin Dufour fait appel dès 1999 à un mentor, Raymond Demers. « Cette association explique une partie du succès. Aujourd'hui, je me vois comme un entraîneur. Je suis exigeant envers les autres, mais compréhensif, pragmatique et réaliste. Aussi je fais du leadership par l'exemple et je mets l'épaule à la roue. »
La moyenne d'âge des employés chez Merkur est de 34 ans et le taux de roulement est de 5 %.
« La firme mise sur l'équilibre entre la performance et la conciliation travail-famille. Nos valeurs sont l'engagement, l'esprit d'équipe et l'intensité. On ne croit pas aux 50 ou 60 heures de travail par semaine. Ici les gens travaillent 40 heures, mais à 110 pour cent. L'équipe carbure au défi. »
« Ma plus grande fierté est de voir qu'on réussit à fournir de l'emploi à 65 personnes. Des gens qui bâtissent leur famille. C'est une responsabilité que je prends très au sérieux et qui me procure beaucoup de bonheur. »
Né le 1er mai 1970 au Lac-Saint-Jean;
En couple avec la journaliste Brigitte Marcoux depuis 15 ans;
Père de trois enfants, Michaëlle, 10 ans, Alexandre, 8 ans, et Isaac, 3 ans;
Détenteur d'un baccalauréat en génie mécanique de l'UdeS;
Fondateur de Merkur, firme de génie-conseil qui emploie 65 personnes;
Président de l'Association libérale de Sherbrooke;
Président du Pôle d'excellence québécois en transport terrestre.