Enfants maltraités: le couple demeure détenu

Le couple de Sherbrookois accusés d'avoir maltraité leurs jeunes enfants n'a pu reprendre sa liberté au terme de la comparution très attendue qui a eu lieu mardi juste avant midi au palais de justice de Sherbrooke.
<p>Les avocats Maxime Bernatchez et Stéphanie Côté.</p>
On a pu apprendre que l'homme dans cette horrible affaire échappe à des accusations de nature sexuelle, comme il avait été mentionné par le Service de police de Sherbrooke (SPS), lundi dans les heures qui ont suivi l'arrestation des deux suspects.
L'avocat de la couronne, Me Laila Belgharras, n'a pas voulu dire si des accusations de ce type pourraient être déposées plus tard dans les prochains jours. «Le dossier est très volumineux et nous devons l'étudier», s'est-elle contentée de dire.
«Nous allons travailler très fort pour analyser la preuve».
Le couple, homme de 34 ans et une femme de 27 ans, a comparu brièvement devant la juge Claire Desgens. Ils doivent répondre de quatre chefs d'accusation qui ne concernent qu'un des quatre enfants, soit négligence criminelle, voie de fait avec lésions, séquestration et de ne pas avoir fourni les soins nécessaires à un enfant.
On leur reproche entre autres de ne pas avoir fourni assez de nourriture à l'un des enfants.
Les deux accusés, vêtus de noir, n'ont pas eu de réaction particulière lors de leur passage dans la salle de cour numéro 3. La femme, enceinte de quelques mois, a répondu d'une voix très frêle aux questions de la juge.
«Je ne crois pas que des accusations de nature sexuelle seront portées contre la dame, a mentionné Maxime Bernatchez, avocat de la femme de 27 ans.
«Ce sont des allégations sérieuses», a reconnu Me Stéphanie Côté, qui représente l'autre accusé dans le dossier. «Nous allons évaluer toute la preuve qui nous a été fournie.»
Me Belgharras n'était pas en mesure de dire si les enfants pourraient être appelés à témoigner contre leurs parents. Elle ne pouvait non plus s'avancer pour dire si d'autres accusations concernant les autres enfants pourraient être portées.
La semaine dernière, à la suite d'une information concernant cette famille, les policiers du SPS sont débarqués afin de retirer les enfants de ce milieu familial. Lundi, ils ont procédé à l'arrestation du couple.
Les deux accusés devront revenir en cour vendredi pour leur enquête sur remise en liberté. On pourrait apprendre si de nouvelles accusations seront déposées.
Entre-temps, ils ne doivent pas entrer en communication avec cinq personnes durant leur détention. L'avocate Laila Belgharras a donné seulement les initiales de ces personnes afin qu'on ne puisse les identifier.
La juge Desgens a demandé à l'homme et sa conjointe s'ils savaient de qui il était question. Les deux accusés ont répondu par l'affirmative.
Les procédures sont frappées d'une ordonnance de non-publication pour ne pas qu'on dévoile l'identité des présumées victimes.