Louisda Brochu

Encore trop de commerces itinérants à Sherbrooke

Malgré l'instauration d'une loi pour contrer l'installation de commerces itinérants et temporaires à Sherbrooke, ce sont encore quelques centaines de milliers de dollars en fuites commerciales qui sont enregistrées par les commerces sherbrookois, mais la situation pourrait rapidement changer.
Le président de Commerce Sherbrooke, Louisda Brochu, a fait état des progrès du comité de travail mis sur pied l'an dernier en lien avec la concurrence déloyale des commerces temporaires qui s'installent à Sherbrooke. Selon ses dires, un projet de modification à la loi actuelle pourrait être proposé à la Ville de Sherbrooke à la fin de l'été afin de couper l'herbe sous le pied aux gens d'affaires qui seraient tentés de contourner l'esprit de la règlementation.
Depuis l'an dernier, tout commerçant est tenu de louer un bail pour une durée minimale de six mois pour être considéré comme légal. Or, certains commerces temporaires réussissent tout de même à s'installer quelques mois ou semaines grâce à des clauses échappatoires négociées avec le propriétaire des lieux. Ainsi, le bail signé est règlementaire, mais le local reste ensuite vide. « On a des commerces d'Halloween qui s'installent sur notre territoire alors qu'on a des commerçants locaux qui ont des rayons spécifiques capables de fournir à cet égard », illustre M. Brochu.
« Pour que ce soit possible, les commerçants doivent compter sur la complaisance de propriétaires pour qui les profits personnels à court terme sont plus importants que la santé du tissu commercial », a-t-il dénoncé.
C'est pourquoi il lance un appel de solidarité aux propriétaires, aux agents immobiliers, aux avocats et aux notaires afin d'empêcher la signature de ces baux truqués. Cette situation pourrait toutefois se terminer bien rapidement puisque le projet de modification de la loi pourrait obliger les commerçants à occuper les locaux loués pour toute la durée du bail. Déjà, Commerce Sherbrooke souhaite effectuer une vigie des locaux afin de s'assurer du respect de la loi.
« Le commerce est difficile actuellement, alors il n'y aura aucune mesure qui ne sera pas prise à cet égard », a prévenu M. Brochu.
Présentement, des amendes entre 500 $ et 1000 $ peuvent être décernées aux commerçants pris en défaut pour une première infraction, des montants qui doublent en cas de récidives.