Nicole Bergeron

Encore du travail à faire pour la patrouille verte

La patrouille verte a poursuivi son travail de sensibilisation en 2013 et constate qu'il reste encore du travail à faire pour améliorer les pratiques environnementales des citoyens. Plusieurs progrès ont néanmoins été notés.
<p>Christine Ouellet</p>
Le premier groupe de la patrouille, qui se consacre aux matières résiduelles, a approché environ 4000 citoyens. Elle a notamment examiné le contenu de 3800 bacs roulants. Elle a à nouveau constaté plusieurs cas de non-conformité. Dans les bacs verts (recyclage), l'erreur la plus fréquente est d'y déposer des corps linéaires, comme des cordes, des tuyaux ou des fils, et des matières résiduelles organiques. Les bacs noirs (déchets) demeurent surutilisés puisqu'on y trouve encore trop souvent des matières recyclables et organiques (10 % des cas), des résidus domestiques dangereux, de même que des tissus et textiles.
Quant aux bacs bruns (matières organiques), les contaminants les plus fréquents sont les sacs de plastique ou oxobiodégradables. Les déchets non compostables étaient par ailleurs présents dans 10 % des bacs analysés.
La patrouille verte a aussi visité 97 sites de ventes-débarras pour remettre une lettre aux citoyens organisateurs. Cette dernière expliquait l'importance de valoriser les biens qui ne sont pas vendus.
Dans le cadre de leurs activités, les patrouilleurs ont sensibilisé les locataires de multilogements à la collecte des matières organiques. Ils ont constaté que peu de citoyens seraient défavorables ou indifférents à l'implantation de la collecte des matières organiques et que la réticence proviendrait de concierges ou de propriétaires.
Le groupe de patrouilleurs en préservation de l'environnement a pour sa part réalisé 2020 interventions qui sont souvent liées au respect de la règlementation municipale. « Elle sert beaucoup à informer sur des solutions alternatives. Elle est aussi les yeux de nos inspecteurs pour noter les irrégularités », avance Chantal Pelchat, chargée de projets en environnement à la Ville de Sherbrooke.
La patrouille verte a notamment assuré une surveillance dans l'application de pesticides en milieu résidentiel. Il a constaté la méconnaissance des mesures de protection de la santé à la suite d'un traitement de pesticides et la confusion entre les pesticides tolérés par la Ville et les pesticides écologiques.
Devant la difficulté de plusieurs citoyens à planter des végétaux et à maintenir une pelouse en santé, la patrouille a mesuré l'épaisseur des sols fertiles des nouveaux quartiers résidentiels. La moyenne mesurée était de 10 cm, ce qui est également la norme, alors qu'une épaisseur minimale de 15 cm est recommandée pour qu'une pelouse survive sans engrais ni pesticide.
Parmi les orientations suggérées pour cette année, le conseil municipal pourrait évaluer la possibilité d'interdire tous les pesticides autres que ceux à faible impact et d'évaluer la possibilité de réglementer l'épaisseur minimale de terre arable dans les quartiers résidentiels.
« Au sujet de l'orientation suggérant d'interdire les pesticides autres qu'à faible impact, il me semble que ça fait longtemps qu'on en parle et je me demande pourquoi on est encore à évaluer cette possibilité. Du moment qu'on sait qu'il y a un impact sur la santé, et j'imagine que d'autres villes ont déjà fait des études sur les sujets, je me demande ce qu'on attend pour prendre le taureau par les cornes », a lancé la conseillère Nicole Bergeron en comité plénier.
Christine Ouellet, présidente du comité de l'environnement, a souligné le travail de la patrouille, qui reviendra par ailleurs sur le terrain en mai. « Je tiens à mettre l'emphase sur l'importance de la patrouille verte pour la protection de l'environnement parce que dans la préservation de l'environnement, on peut aller chercher beaucoup d'économies en plus des bénéfices pour la santé. L'utilisation des pesticides peut avoir des conséquences sur la santé et elle est souvent faite pour des fins esthétiques. Il y a donc beaucoup de sensibilisation à faire pour provoquer un changement de culture. Une herbe qui est différente de la pelouse n'est pas nécessairement mauvaise. »