Roxane Del

En avant les violons

Difficile de parler d'album où le violon prédomine sans penser à la fois où Angèle Dubeau avait appelé un de ses (très beaux) albums Violons du monde - le titre d'album le plus double-sens de l'histoire des titres d'album. Heureusement, cette semaine, j'ai eu affaire à un disque avec un nom en latin. Soulagement.
Roxane Del
Invictus
Productions de Lafontaine Private Club
Invictus, tel qu'on l'apprend à l'intérieur de la pochette du quatrième album en carrière de Roxane Del, est un mot latin qui signifie invaincu, invincible, inébranlable, inévitable. De quoi de solide. À l'instar du coup d'archet de la virtuose et de la réalisation béton de l'album.
En écoutant le disque, je me suis dit que la violoniste s'était fait un cadeau. Celui de se payer un beau trip de musicienne : reprendre de grandes chansons du répertoire cinématographique. Elle a bien fait. Parce que c'est aussi un cadeau pour nous. Du gros plaisir que j'ai eu à plonger dans sa vision des mélodies tirées des films Requiem for a dream, Le dernier des mohicans et Le code Da Vinci, pour ne nommer que ceux-là.
Avec Invictus, Roxane Del se révèle incontournable, en plus de faire rayonner des artistes et des artisans d'ici. Chapeau à Larry O'Malley du studio Audiobec qui agit en maître ès son sur l'album. Faire sonner un violon de belle manière, Larry sait faire ça.
Mention aussi à Karine Couillard qui a fait un travail photographique remarquable pour la pochette.
La virtuose s'entoure aussi de musiciens de talent que je ne peux passer sous silence : Roby Talbot aux touches noires et blanches et aux choeurs, François Rioux aux guitares, William Martin à la basse et à la contrebasse, Pierre-Emmanuel Beaudoin aux percussions, Hélène Vermette au violoncelle, sans oublier la voix magnifique et l'alto de Catherine Elvira Chartier qui vocalise magnifiquement sur des partitions de The Police (acoquiné à Moulin Rouge. Bonheur).
Un album sensuel, d'une richesse sonore poignante. À écouter au casque pour un maximum de frissons.
Run River North
Run River North
Nettwerk Music Group
La vague indie folk rock n'est pas prête à s'éteindre. Je dirais même que de l'huile est quotidiennement jetée sur le brasier, alimentant joyeusement l'ampleur de l'embrasement.
La formation de Los Angeles Run River North est un excellent combustible pour le genre. Formé de six jeunes musiciens aux racines coréennes et au talent indéniable, le groupe présentait le 25 février dernier un premier album homonyme plein de promesses. L'album, qui s'imprègne principalement du thème de l'immigration, est produit par Phil Ek qui a aussi travaillé avec les formations Band of Horses, The Shins et Fleet Foxes.
Run River North est forgé d'acoustique, de jolies harmonies vocales, de cordes de violons, d'envolées rock aussi. Se franchissent parfois les limites du country sur certains airs.
La jeune formation américaine ne réinvente certes pas la recette du folk rock. En même temps quand la recette goûte bon, pourquoi la changer?
À découvrir.