Les étudiantes en soins infirmiers Marie-Pier Grenier, Mylène St-Jean, Jacinthe Dumais, Vanessa Audet, Valérie Belleau et Audrey Giguère souhaitent que le prochain gouvernement prennent mieux soin de la classe étudiante afin d'assurer une relève dans le monde de la santé.

Élection: fortes attentes dans le milieu de la santé

Invités par La Tribune à faire valoir leur opinion et à étaler leurs revendications en vue des prochaines élections, les professionnels de la santé partagent de hautes attentes en Estrie, mais demeurent réalistes face à l'avenir. Plusieurs changements sont espérés. Reste à voir sur quel parti ils pourront compter dès le 7 avril.
Un manque de personnel et d'équipements, des services à bonifier, une meilleure distribution de tâches et des prêts et bourses peu nombreux. Il va sans dire que la liste des requêtes demeure longue. Mais qui sera le mieux placé pour diriger ce gros bateau de la santé selon nos professionnels estriens?
« Le ministre de la Santé Réjean Hébert s'est engagé à permettre la construction du Centre femme-jeunesse-famille, rappelle l'infirmière en néonatalogie, Ginette Côté. J'ai peur qu'un changement de gouvernement vienne retarder ou même annuler le projet. On l'attend depuis longtemps, ce centre! »
« La présence des docteurs Philippe Couillard, Gaétan Barette et Yves Bolduc au sein du Parti libéral peut être bénéfique pour notre système de santé, avance une docteure du CHUS souhaitant garder l'anonymat. Je verrais bien Gaétan Barette à la tête du ministère. Il est un homme intelligent qui pourrait bien faire le travail! »
Une médecin spécialiste en anesthésie du CHUS avance pour sa part que le manque d'équipement et de personnel constitue un besoin criant.
« Je suis consciente que le budget pour la santé est déjà énorme et demeure assez serré, admet Marie-Josée Colas. Il y a tout de même un déficit à combler. Et ce, dans plusieurs secteurs. Ce ne sera pas facile d'obtenir encore plus, mais on doit améliorer nos équipements et augmenter le personnel. »
Même son de cloche du côté de l'infirmière Renée Badeau: « Il faut plus de lits, plus d'infirmières, plus de médecins, dit-elle. Le prochain gouvernement devra diminuer le temps d'attente à l'urgence. Et est-ce nécessaire d'obliger les étudiants en soins infirmiers à effectuer un baccalauréat? Je me le demande. »
Une infirmière bachelière admet que sa formation, plus longue de deux ans, ne lui semble pas très utile jusqu'à maintenant.
« Est-ce que ça me sert vraiment? Pas tant que ça! Il n'y a pas beaucoup de postes qui exigent un bac aujourd'hui. Je ne suis pas certaine qu'il est nécessaire de rendre le bac obligatoire. On devra attendre deux ans de plus avant de voir ces infirmières travailler et on a déjà un problème de rétention de personnel », avance Jessica Papineau.
« Les trois partis politiques d'importance parlent beaucoup de la santé durant la campagne. C'est bon signe, mais je me demande encore qui sera le mieux outillé pour gouverner », admet pour sa part l'infirmière auxiliaire Isabelle Beaudin, qui suggère de miser davantage sur des professionnels occupant le même rôle qu'elle ou bien encore sur les infirmières praticiennes afin de limiter le temps d'attente.
Mieux aider les étudiants
À première vue, le gouvernement Marois ne semble pas obtenir le même appui de la part des étudiants qu'il y a 18 mois.
Plusieurs ont avoué avoir été déçus du résultat en ce qui a trait aux frais de scolarité, et ce, même si la première ministre a annulé la hausse des frais.
« On aurait aimé un gel ou une indexation adéquate. L'an prochain, ma facture augmentera de 18 %! » précise une étudiante en physiothérapie.
« On s'est sentis floués par Pauline Marois », avoue l'étudiante en soins infirmiers Mylène St-Jean.
« Si on doit en plus effectuer des études universitaires pour devenir infirmière, ça va coûter encore plus cher et peut-être que des jeunes refuseront carrément d'opter pour ce métier », clame sa consoeur Marie-Pier Grenier.
« Sinon, le gouvernement devrait aider davantage les étudiants. On doit tous travailler, les prêts et bourses sont rares et nos stages ne sont pas rémunérés », soutient Audrey Giguère, aussi étudiante en soins infirmiers.