«East Angus ne deviendra pas une ville fantôme»

East Angus n'est pas et ne deviendra pas une ville fantôme. Si l'annonce de la fermeture de l'usine de papier kraft d'East Angus a jeté une ombre mercredi sur l'avenir de la municipalité, les commerçants du coin, eux, sont prêts à aller de l'avant.
<p>René Couture</p>
«Il y a une chose que j'ai entendue et je ne suis pas d'accord. East Angus ne deviendra pas une ville fantôme. Ce n'est pas vrai ça. Je connais les gens d'affaires d'East Angus et je peux vous dire que ça va se relever les bras et partir d'autres choses ailleurs», lance le propriétaire du IGA et du centre commercial adjacent, René Couture.
Il ne souhaite surtout pas nier la tristesse de la nouvelle. Sauf qu'en tant qu'homme d'affaires, il est convaincu que «d'autres fleurs fleuriront». «Des pertes d'emplois, ce n'est jamais une bonne nouvelle. Même si on en entendait parler depuis longtemps, on ne pense jamais que ça va arriver», dit-il. Sans compter les nombreux emplois indirects qui seront perdus. «Peut-être une centaine. C'est beaucoup», estime-t-il.
Or, il affirme que le «dynamisme» dont fait preuve la municipalité depuis les dernières années aidera à minimiser l'impact de la fermeture pour la communauté. «Il y a eu plusieurs nouvelles familles qui se sont installées dernièrement», mentionne-t-il.
«Un jour à la fois»
Une certaine tristesse se fait tout de même sentir du côté de la pharmacie Proxim. «Ça va laisser un grand trou. L'implication et le rayonnement de Cascades, il n'y a aucune autre entreprise qui va être capable d'égaler ça», soutient l'un des propriétaires, Daniel Desruisseaux.
Il reste encouragé pour l'avenir, malgré l'impact que pourrait avoir la fermeture sur son achalandage. «Notre clientèle est très large. On est une pharmacie régionale», note-t-il. D'autres répercussions risquent pourtant de se faire sentir. «On va le vivre personnellement à la pharmacie parce qu'on a des employés dont les conjoints perdent leur emploi», déplore-t-il.
Le restaurant Le Moulin est peut-être celui qui vit l'une des plus grande déception. Une bonne partie de sa clientèle travaille à l'usine Cascades. «C'est peut-être 20-25 % que je vais perdre de mon chiffre d'affaires», appréhende le propriétaire depuis 12 ans, Ehsanuudin Adlyar. Selon les journées, il livre plusieurs repas à l'usine, parfois jusqu'à 25.
«Si nous perdons Cascades, l'Hôtel de ville aussi perd des taxes. Pas juste le restaurant. Toutes les autres petites business qui sont connectées aussi», laisse-t-il tomber. Mais comme tous les autres commerçants, il devra attendre avant de savoir jusqu'à quel point la fermeture se fera sentir. «Un jour à la fois», philosophe-t-il.