Dysphasie-Estrie accueille chaque année entre 80 et 100 enfants dans des ateliers de stimulation et des camps de jour. L'organisme planche sur un projet-pilote d'école pour les élèves dysphasiques.

Dysphasie-Estrie réclame une école adaptée

Afin d'offrir un apprentissage entièrement adapté aux enfants dysphasiques, l'organisme Dysphasie-Estrie planche sur un projet-pilote d'école pour ces élèves.
Un dossier a été soumis à Québec avant les élections et Dysphasie-Estrie attend des nouvelles. Un comité a été formé pour élaborer un plan d'affaires.
Dysphasie-Estrie accueille chaque année entre 80 et 100 enfants dans des ateliers de stimulation et des camps de jour.
«On a des trousses d'outils qui leur permettent d'apprendre», explique la directrice générale de l'organisme, Maryse Le Meur, en soulignant les importants progrès réalisés par les enfants. Dysphasie-Estrie offre notamment des ateliers de stimulation parents-enfants, dès qu'il y a un soupçon de retard de langage.
«On voudrait développer un projet-pilote en Estrie dans lequel on pourrait mettre en place nos approches pédagogiques et montrer la capacité d'apprentissage des enfants. En espérant qu'après, comme ce sont des approches qui ne sont vraiment pas dispendieuses à mettre en place, cela puisse être implanté en soutien aux enseignants dans les écoles.»
Les intervenants de Dysphasie-Estrie pourraient faire la formation sur les approches que l'organisme développe, notamment. «On n'est pas fermé, on ne pense pas que les approches sélectionnées sont les seules qui vont aider les enfants. On sait qu'elles fonctionnent...»
«On n'a pas de recette miracle, mais plusieurs outils qui peuvent leur servir», note Mme Le Meur.
La dysphasie est un trouble du langage. En fait, souligne Mme Le Meur, on devrait plutôt parler des «dysphasies». «Les formes sont tellement différentes pour chaque enfant...» illustre-t-elle. «La dysphasie ne se guérit pas. C'est un trouble permanent, d'origine neurologique.»
«Ce qu'on pense, c'est que chaque enfant a le droit à une éducation adaptée, c'est un droit fondamental qui, actuellement, n'est pas vraiment respecté (...) D'où le projet, qui serait une école pour s'assurer que les enfants dysphasiques, qui ont une façon particulière d'apprendre, un rythme d'apprentissage et une façon d'apprendre différente, puissent avoir les bons outils pour assimiler en particulier les concepts abstraits. C'est une de leur difficulté...»
Les enfants dysphasiques, souligne-t-elle, sont des enfants qui aiment apprendre. «En réclamant une école adaptée avec une pédagogie alternative qui va leur permettre de fonctionner, on va leur permettre de demeurer des enfants qui aiment apprendre», croit Mme Le Meur. Cette dernière s'était montrée critique envers la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), la semaine dernière, alors qu'un élève dysphasique s'est retrouvé dans une classe accueillant des jeunes présentant une déficience intellectuelle. La CSRS a toutefois défendu sa décision en soulignant que c'était la bonne.
Le projet d'école regroupe des intervenants de l'organisme, mais des orthopédagogues et des enseignants se montrent aussi intéressés. Comme Mme Le Meur souhaite que l'initiative puisse voir le jour rapidement, elle parle de démarrer un microprojet avant le lancement du projet-pilote.
L'organisme n'a pas encore approché de chercheurs, mais il souhaiterait collaborer avec les chercheurs d'institution de la région afin de documenter les retombées du projet-pilote afin de démontrer que les pratiques sont efficaces.