André et France Dion

Dur choc à encaisser pour les Dion

Défenseurs infatigables des oiseaux, France et André Dion ont le sentiment d'avoir été lésés par la Fondation pour la préservation de la faune et de la culture de Montmagny, à qui ils avaient cédé une imposante collection d'objets liés à l'ornithologie dans les années 1990.
En 1996, les Dion avaient vendu une large partie de leurs biens avant de partir effectuer un long périple. Le couple de Magog avait alors fait don de très nombreux objets de collection au Centre des migrations de Montmagny, dont les activités relevaient de la Fondation de la faune de Montmagny.
La valeur totale des pièces cédées à l'époque, parmi lesquelles des oeufs d'oiseaux rares et de nombreux livres, avait été évaluée à 130 000 $. Le couple avait obtenu un reçu pour don de charité en retour de sa donation.
Dans le but de s'assurer que tout était clair entre les parties, un contrat liant le couple au Centre des migrations de Montmagny avait été signé. Il prévoyait notamment que le centre devait contacter le couple s'il prévoyait se départir des pièces offertes.
Or voilà, la nouvelle de la fermeture du Centre des migrations ne serait parvenue que tardivement aux oreilles de France et André Dion l'an dernier. Qui plus est, quand ces derniers ont voulu récupérer leurs objets, ils ont constaté qu'il en manquait plusieurs.
Entre autres, la centaine d'oeufs d'oiseaux recueillis par André Dion dans sa jeunesse avait disparu, tout comme une spectaculaire cabane d'oiseaux construite par les pères d'Oka et capable d'accueillir plus de 30 volatiles à la fois.
«Il m'avait fallu des permis spéciaux pour faire la cueillette de certains des oeufs de la collection. Quelques-uns d'entre eux étaient très rares. Par exemple, dans le lot, on retrouvait un oeuf de geai du Canada, ce qui se trouve très, très difficilement», explique André Dion.
Un avocat embauché
Le couple Dion avait chargé l'avocat Normand Tamaro, un spécialiste du droit d'auteur, de récupérer les biens qu'il avait confiés au Centre des migrations. Ce dernier a été en mesure de constater, comme ses clients, la disparition de pièces importantes.
«Lorsqu'on met des objets entre les mains d'un musée, c'est pour que le public ait accès à des connaissances, fait valoir Me Tamaro. Si des artéfacts uniques disparaissent, un accès à des connaissances précises se perd.»
L'avocat aurait souhaité qu'un appel à tous soit lancé par les autorités locales afin de retracer les nombreuses pièces manquantes, mais cette demande a été refusée. «C'est un peu déplaisant comme attitude et pas très respectueux pour les Dion», soutient l'avocat du couple.
Jouissant d'une santé plus que satisfaisante pour un homme de 92 ans, M. Dion croit que la Ville de Montmagny a manqué à ses devoirs dans cette histoire. La municipalité entretenait des liens étroits avec la Fondation de la faune de Montmagny et se serait impliquée dans le dossier au moment de la donation.
«Les gens de la Ville de Montmagny se cachent derrière leur autorité. Ils ont renié un document officiel qui avait été signé par des représentants de Montmagny à l'époque de la donation», affirme le nonagénaire.
Aucune faute commise
Greffier et directeur des affaires juridiques à la Ville de Montmagny, Félix Michaud soutient pour sa part que la municipalité n'a rien à se reprocher. «Pour ce qui s'est passé dans les années 1990, je ne connais pas le contexte. Mais, par la suite, la collection a simplement été installée dans un bâtiment que la municipalité louait à la Fondation de la faune, c'est tout», dit-il.
M. Michaud ajoute que la Fondation s'est départie de certains objets dont l'état s'était dégradé au fil du temps. Il affirme également que les Dion ont récupéré des pièces durant les années qui ont précédé la fermeture du Centre des migrations.
Le greffier de la municipalité indique par surcroît que, selon les informations qui lui ont été transmises, le lien de confiance entre la Fondation et le couple s'est rompu bien avant la fermeture. «Comme ville, on n'avait pas le contrôle sur cet organisme. Mais ses bénévoles ont fait leur travail au meilleur de leur connaissance», assure-t-il.