Kanatakhatsus Meunier

D'une oeuvre pamphlétaireun anti-Charest à un «film hommage» Orford

Il existe plusieurs manières de rendre hommage à des personnes méritantes. Mais comment souligner l'apport d'une richesse naturelle à un milieu donné? Le cinéaste Kanatakhatsus Meunier a fourni une réponse à cette question en décidant de réaliser un « film hommage » sur le mont Orford.
Alors qu'un débat houleux avait cours concernant la vente de terres appartenant au parc national du Mont-Orford, M. Meunier avait rejoint le camp des défenseurs de l'aire protégée. Mais, à titre de cinéaste, il a choisi de ne pas s'attarder outre mesure à cette controverse remontant à 2005. Il a préféré mettre l'accent sur l'histoire du parc, sa beauté et son apport au milieu.
« Au départ, je voulais faire un film anti-Charest, une oeuvre pamphlétaire contre le développement dans un parc. Je me suis dit finalement que ça n'aurait pas la même portée, dans 25 ans, si c'était trop pamphlétaire », confie le cinéaste.
Cela dit, après avoir fouillé l'histoire de l'aire protégée, il paraît convaincu que son fondateur, le médecin George Austin Bowen, n'aurait pas vu d'un bon oeil le projet de construction de condominiums au pied du mont Orford que le promoteur André L'Espérance espérait concrétiser.
« Le docteur Bowen souhaitait créer un parc pour la conservation, mais aussi pour la récréation, c'est vrai. Par contre, il pensait beaucoup aux familles pauvres de Magog en travaillant à la création de ce lieu. Je ne crois pas que les condos qui étaient prévus auraient été pour les Magogois moins aisés », fait valoir Kanatakhatsus Meunier.
Le cinéaste a eu l'idée de réaliser un film sur le mont Orford à l'époque à laquelle le gouvernement du Québec songeait toujours à vendre une partie du parc du Mont-Orford.
« J'avais été touché par le témoignage d'un homme, Harvey Catchpaw, pendant les audiences publiques sur le projet de M. L'Espérance. Dans ce temps-là, on entendait également plein de versions différentes de l'histoire du parc. J'ai fini par être tanné de toutes ces versions et j'ai eu le goût d'aller au fond des choses. »
Manque de financement
Voilà maintenant près de cinq ans que le projet est en marche. M. Meunier a déniché des tas de photographies d'époque, tourné de nombreuses images et interviewé bon nombre d'acteurs du milieu. Le montage a été effectué et il ne reste plus qu'à mettre la touche finale au documentaire, intitulé Le vieil indien d'Orford.
Kanatakhatsus Meunier est cependant forcé d'admettre qu'il lui manque entre 15 000 et 20 000 $ pour terminer son projet. « Je serais capable de le finir moi-même, mais le produit ne serait pas à mon goût. J'aimerais confier le mixage, le sous-titrage, la musique, l'infographie et le montage sonore à des spécialistes », admet-il.
Celui-ci note avoir injecté 25 000 $ dans son projet, chapeauté par les Productions du vieil Indien, un organisme à but non lucratif. La Ville de Magog a quant à elle offert 5000 $, tandis que le Canton d'Orford a donné 1000 $. Une somme de 15 000 $ provenant du Pacte rural a également été accordée au cinéaste, sans compter que des ministres péquistes ont contribué.
M. Meunier apprécierait que d'autres municipalités imitent Magog et Orford en lui fournissant un certain montant d'argent. Il rappelle que près d'une trentaine de municipalités, dont Sherbrooke, avaient participé financièrement à la création du parc du Mont-Orford à la fin des années 1930.
Les personnes ou organisations qui désireraient obtenir de plus amples informations sur ce documentaire sont invitées à écrire à l'adresse courriel suivante: katsitsanoron@gmail.com. Pour effectuer une contribution financière, rendez-vous sur le site de financement fundo.ca.
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