Du mauve et des guitares

Hani Ferland a toujours quelque chose à dire. Sur la vie en général, sur la culture, la photo, les médias sociaux, mais plus souvent encore, sur la musique, que ce soit génial ou que ça fasse mal.
Sandy Grenier
La fille en mauve
IndépendantSur la pochette cartonnée de son premier EP, Sandy Grenier est tout sourire. On saluera ici au passage le talent de la photographe Marianne Deschênes qui a su croquer sur le vif, l'expression d'une fille en mauve rayonnante, de qui on a envie de découvrir les tounes.
Tounes qui se déploient en 5 temps, colorées pour la plupart par une pop-rock mélodieuse, chatouillée au détour par une vibe soul. Il n'y aura que la pièce Funambule, comme un intermède au milieu du disque, qui mettra un hold à l'élan grouillant, par son orchestration plus sombre, plus sentie.
La jeune auteure-compositrice-interprète qui a fait Ma première place des arts l'an dernier, signe toutes les pièces de l'opus, sauf pour Où es-tu, confiée à la plume du slammeur David Goudreault. Et tant qu'à donner du crédit, l'album, enregistré à Sherbrooke au Studio Oblik sous la direction du réalisateur Étienne Chagnon, fait entendre la contrebasse de Ben Marquis, la guitare de Nathan Guernon, le jeu de drum de Luc Jr Bélisle et le souffle de Jean Gervais au Flügelhorn (va googler ça).
On collera une étoile au cahier de Sandy Grenier pour la justesse et la puissance de sa voix, maitrisée avec aisance, et qui brille comme un lustre au coeur de l'album.
Une belle entrée en matière pour cette fille en mauve talentueuse, qu'on pourrait prendre pour la petite soeur de son de France d'Amour.
Le lancement du disque aura lieu ce 13 février à 19 h au Boquébière de Sherbrooke. L'entrée est gratuite.
Patrice Michaud fait son entrée en 2e place du palmarès francophone avec <i>Le feu de chaque jour.</i>
Patrice Michaud
Le feu de chaque jour
Spectra MusiqueAvec son nouveau record tout juste sorti du fourneau, Patrice Michaud fait monter la steam. D'abord avec sa pochette, de celles immenses qui se déplient à l'infini comme une mapmonde et lesquelles sont impossibles à replier correctement sans l'émission de deux-trois sacres bien sentis. (Du coup, ça m'a rendue nostalgique.)
Ensuite par ses mélodies parfois folk-rock sauvages (Des cowboys, des indiens, délicieux riffs qui donnent envie d'aller tirer du gun dans le désert); d'autres fois basculant complètement dans le country comme pour la belle Quand tu r'viens à maison où la slide guitar et les choeurs poussés par la jolie voix de Audrey-Michèle Simard coulent magnifiquement. (J'ai un kick sur cette toune-là. En plus, il y a des brass très burlesques dedans. C'est merveilleux.)
Aussi sur le disque: une pluie de cordes déferlantes. Les guitares -acoustiques, électriques, pincées, grattées, frôlées, aimées - tiennent le beau rôle. On lancera des fleurs à Andre Papanicolaou, réalisateur de ce 2e album de Michaud et gratteux de guitare accompli, pour l'avant-scène de cet instrument.
Le Gaspésien à la voix chaude et caressante s'entoure aussi de piano pour l'habillage de sa poésie contemporaine et emprunte les cordes, vocales celles-là, de Salomé Leclerc pour Le feu de chaque jour et M'espères-tu?
Si Michaud rase par moment le stoner rock, il présente aussi une grande sensibilité mélodique sur quelques très belles balades (Jusqu'à ce que je tombe; Loin de Disneyland).
La pièce titre ne tombe pas très loin de la chanson How this will end de Papanicolaou avec ses touches country-folk délicieuses à l'oreille, appuyées par les notes au piano. C'est dire que la collaboration Papanicolaou-Michaud fonctionne à fond.
J'exige une tournée en tandem (et un passage obligé à Sherbrooke).