Les nouvelles succursales de la SAQ sont désormais construites avec un béton contenant de la poudre de verre, obtenue grâce au recyclage des bouteilles de vin. À la nouvelle SAQ de Magog, environ 200 000 bouteilles ont une seconde vie à même le plancher.

Donner un second souffle au verre

On aurait tendance à croire que la consigne appliquée aux bouteilles en augmente le taux de retour, et donc de revalorisation, pour parler le jargon du recyclage. Selon Renaud Dugas, de la Société des Alcools du Québec, la bouteille de vin se retrouve dans une classe à part et le système en place convient parfaitement à sa revalorisation.
«La collecte sélective, on y croit. Le système est mieux adapté aux bouteilles de vin», qui, contrairement aux bouteilles de bière, se retrouvent dans une multitude de formes et de couleur. Ces bouteilles étant donc à «remplissage unique», leur réintroduction dans le cycle de production vinicole constituerait tout un casse-tête. Surtout considérant que la SAQ fait affaire avec 2500 fournisseurs, dans une soixantaine de pays.
Renaud Dugas cite une récente étude menée par Eco-entreprises et Recyc-Québec, qui démontre que les bouteilles de vin seraient la matière la plus recyclée dans les bacs verts québécois. En effet pas moins de 94 pour cent des bouteilles de vin seraient recyclées, contre un taux de 73 pour cent pour le retour des bouteilles consignées chez les marchands.
La SAQ fait aussi valoir que le système des consignes est moins écologique que le recyclage, si l'on compte le transport nécessaire pour acheminer les matières lors des étapes supplémentaires dans la chaîne de la consigne. «Et pour mettre en place un système de consigne, il faudrait mettre en place des infrastructures, qui coûteraient environ 60 millions la première année et 40 millions les années suivantes», indique Renaud Dugas.
Pour mieux valoriser cette matière et démontrer leur souci d'être «présents dans toute la chaîne du verre», la société d'État finance la Chaire SAQ en valorisation du verre dans les matériaux de l'Université de Sherbrooke. On y a développé un béton dans lequel le verre remplace une fraction du ciment ou des granulats, qui est désormais utilisé dans les nouvelles succursales ou dans les projets d'agrandissement ou de rénovation de la SAQ. À la nouvelle succursale de Magog, où ce béton est utilisé pour le plancher, c'est sur pas moins de 200 000 bouteilles de vin que les consommateurs marchent.
Renaud Dugas parle également d'autres utilisations du verre recyclé, comme du paillis composé en partie de cette matière dans les plates bandes du siège social à Montréal. «On travaille fort pour donner un second souffle au verre.»