Paul Belleville

Dompteur de catastrophes naturelles

Personnage tout aussi mythique que ceux qui habitent la forêt imaginaire de Foresta Lumina, Paul Belleville est celui qui, depuis 20 ans, a traversé vents et inondations dans cet immense terrain de jeux de 615 acres qu'on appelle le Parc de la Gorge de Coaticook.
C'est en toute simplicité, mais avec une profonde gratitude, que la directrice générale, Caroline Sage, son équipe de travail et les membres du conseil d'administration ont tenu à lui rendre hommage mercredi soir dernier lors de l'assemblée générale annuelle, notamment en dressant une rétrospective éclair de ses 20 ans de service. De fait, la feuille de route de cet homme aux multiples talents comprend plus de 40 000 heures de travail, plus de 15 Fêtes nationales, 13 Fêtes des neiges, 8 événements Artistes et Artisans des sentiers, 7 Fêtes de la pêche et bien d'autres. Sans compter trois inondations majeures, l'aménagement de plus de 40 kilomètres de sentiers et 176 terrains de camping, ainsi que la construction d'une grange ronde, un pont couvert, une écurie, une fermette, une piscine, deux tours, un remonte-pente, deux refuges, deux blocs sanitaires, un étang et plusieurs petits ponts, pour ne nommer que les principaux.
«Depuis ton entrée en 1995, la Gorge a complètement changé de visage, a rappelé MmeSage. Le territoire n'a pas cessé d'augmenter et les produits touristiques de se multiplier, mais tu as toujours prouvé que tu réussissais à t'adapter dans une attitude positive à l'égard de tout ce qui était nouveau.»
Reconnu pour son humour particulier, mais toujours apprécié, son franc-parler, ainsi que sa grande disponibilité, tous s'entendent pour déclarer que c'est sa passion indéfectible pour son travail qui en fait un homme d'exception. «Avec un gars aussi intense, je savais qu'il n'y avait pas de place pour les demi-mesures. Depuis sept ans, j'ai fait mon travail avec la passion que tu m'as inculquée», a partagé son acolyte Dominic Paquet.
«C'est vraiment pas banal comme job, confie Paul Belleville. J'ai commencé en 1995 avec la construction de la grange ronde et depuis je travaille toujours sur de gros projets. Les mois tranquilles, ça n'existe plus et les petites années qu'on pensait qu'on n'avait rien, il nous arrivait une inondation derrière la tête! J'espère prendre ma retraite ici, mais la journée où je me sentirai dépassé par les événements et que je ne pourrai plus suivre le bateau, cette journée-là je vais tirer ma référence.»