Soucieuse de maintenir la paix avec son voisinage, la Scierie Leclerc et Tremblay s'est récemment portée acquéreuse du terrain adjacent sur lequel se trouve l'église catholique Saint-Matthieu de Dixville.

Dixville : la Scierie Leclerc et Tremblay achète la paix

Établie en plein coeur de la municipalité de Dixville depuis 1982, la Scierie Leclerc et Tremblay a récemment saisi l'occasion de faire la paix avec son voisin immédiat en se portant acquéreur de l'église catholique Saint-Matthieu de Dixville. Un achat motivé par la paix d'esprit, mais aussi par souci de préserver un bien patrimonial plus que centenaire.
«Pour nous c'était un crève-coeur que l'église soit éventuellement démolie ou laissée à l'abandon, partage Angela Tremblay, copropriétaire. Ce n'était pas une dépense prévue, mais on s'est dit que, tant qu'à avoir des voisins qui pourraient ne pas aimer la proximité d'une usine, on va acheter l'église et on la louera.»
Soulignons qu'une des principales raisons ayant mené à la fermeture de l'église en janvier 2014 reposait sur des questions financières, notamment des réparations majeures évaluées à environ 100 000 $. C'est ce qui expliquerait le prix de vente fixé à 79 900 $ alors que l'évaluation municipale s'élève à 355 000 $. Les propriétaires de la scierie en sont pleinement conscients, mais attendront de rencontrer leur futur locataire avant de planifier des rénovations.
Il faut dire qu'un groupe de citoyens avait déjà dans sa mire le fameux bâtiment. Pour l'instant, la vente à un tiers n'est nullement venue compromettre leurs plans. En ce moment, le groupe s'affaire à mettre sur pied une coopérative de solidarité visant à répondre, entre autres, à un besoin exprimé par la population : voir renaître le magasin général.
«Un magasin général, mais sous une formule qui sera unique, explique Alain Leclerc, secrétaire du comité provisoire. Ça fait un peu prétentieux, mais il est clair que nous voulons quelque chose d'un peu particulier. Disons simplement que ce sera plus qu'un dépanneur, on veut un lieu rassembleur et l'église est le meilleur endroit qui peut répondre aux besoins de notre projet.»
La nouvelle coopérative devrait voir le jour vers la fin du mois d'août, alors que le magasin général à saveur dixvilloise pourrait prendre forme dès le printemps 2015.
Dixville Home vend des immeubles
Par ailleurs, à la suite de l'analyse des soumissions reçues pour l'achat de huit bâtiments et terrains localisés à Dixville, le propriétaire CRDITED (Dixville Home) a accepté six d'entre elles, dont celle du Dixvillois d'origine Peter Buzzell pour l'achat de l'église baptiste située sur la rue Saint-Alexandre.
«C'est un projet pour mon frère et moi, précise Peter Buzzle. Nous souhaitons que la vocation demeure sensiblement la même que par le passé, c'est-à-dire un atelier, mais nous n'avons pas encore d'idée précise quant à la forme que prendra notre projet.»
Tout comme pour l'église Saint-Matthieu, l'église baptiste nécessitera des rénovations majeures, ce qui a incité CRDITED a accepté une soumission bien en deçà de l'évaluation municipale de 40 700 $, le montant offert se chiffrant à 6100 $.
Pour leur part, les promoteurs de la future microbrasserie, Éric Langevin et Stéphane Roy, ont aussi eu le plaisir de voir leur offre acceptée, mais, tout comme M. Buzzell, ils demeurent prudents tant et aussi longtemps que les formalités n'auront pas été dûment réglées.
«Si tout va bien, notre objectif est de démarrer notre microbrasserie d'ici six mois», fait savoir M. Langevin.
Quant à la jeune maman Sara Blouin, elle et son conjoint espèrent devenir sous peu de nouveaux citoyens dixvillois, l'offre déposée sur la maison de leur rêve ayant elle aussi été acceptée. «On l'a eue et nous sommes super contents!»