Diversité sexuelle : réseau d'alliés au Cégep

Le Cégep de Sherbrooke compte désormais un Réseau des alliés, constitué de personnes de confiance qui s'engagent à soutenir les personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bisexuelles et transidentitaires) de la communauté cégépienne.
«C'est un concept qu'on retrouve un peu partout au Québec. Le but, c'est d'être visibles pour que les jeunes en questionnement ou qui savent qu'ils sont LGBT sachent qu'il y a des personnes à qui parler», explique Dominique Dubuc, enseignante au Cégep et l'une des instigatrices du projet.
Plus précisément, les alliés s'engagent à accueillir, écouter et référer les personnes LGBT ou en questionnement sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et à intervenir dans les situations d'homophobie et de transphobie tout en respectant la confidentialité de ceux et celles qui se confient à eux.
Les membres du personnel ainsi que des élèves peuvent faire partie du réseau, après avoir suivi la formation Pour une nouvelle vision de l'homosexualité de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). «On ne forme pas des intervenants en une journée, on donne des outils pour orienter les personnes vers des ressources disponibles», précise Mme Dubuc.
Pour certains, le simple fait de savoir que le réseau existe fera une différence. La recherche démontre en effet qu'un aspect important pour que les jeunes LGBT se sentent inclus dans une communauté est qu'une «ouverture explicite soit affichée». D'où la pertinence des affiches, autocollants et bracelets multicolores qui ont été distribués aux alliés. «Peut-être qu'un jeune ne viendra pas frapper à notre porte, mais il l'aura vu [et ça l'aidera].»
Dominique Dubuc se réjouit de la réponse que le réseau obtient jusqu'à maintenant. «On travaille tous ensemble, les étudiants, les professeurs, le personnel de soutien, la direction... C'est un travail collectif dont je suis extrêmement fière. Ce n'est pas un feu de paille, ça s'inscrit dans un continuum qui dure depuis plusieurs années.»
Pour le moment, 37 personnes en font partie du réseau, qui a été lancé officiellement lundi à l'occasion dans le cadre de la Semaine de la diversité sexuelle. On peut en savoir plus sur le projet en visitant le site www.cegepsherbrooke.qc.ca/allies/.
Encore du travail à faire
Dominique Duval enseigne au Cégep depuis 22 ans. Durant ce laps de temps, les choses ont bien changé au Québec pour les personnes LGBT. «On arrive de loin! Je considère que les personnes LGBT sont des citoyens à part entière depuis 2005 d'un point de vue juridique», affirme Mme Duval, qui rappelle tout de même que les crimes haineux sur les personnes transidentitaires ne sont pas explicitement reconnus comme tels.
Évidemment, au-delà des textes de loi, la réalité n'est pas toujours rose pour ceux qui se trouvent aux quatre coins du spectre arc-en-ciel. «Je ne veux pas entrer dans le misérabilisme, mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une cause de suicide importante. Lorsqu'ils sont dans le placard, les jeunes se trouvent isolés. S'ils voient des traces d'ouverture, ils vont peut-être être portés à sortir ou à aller chercher de l'aide», espère Mme Duval.
«Ce n'est pas une question qui concerne uniquement les personnes LGBT, c'est une question de droits humains fondamentaux.»