Adam Dymburt

Directeur en mouvement

Adam Dymburt ne se laisse pas aisément décourager. Lorsqu'il croit à quelque chose, il ne laisse pas tomber. Sa belle ténacité n'est pas étrangère au rayonnement de la compagnie de danse Sursaut. Convaincu que l'art doit être partout, dans la vie de chacun, petits et grands, le directeur général et danseur-interprète a bataillé fort pour que le fleuron sherbrookois de la danse contemporaine se taille une place au soleil. Ici et ailleurs.
«La reconnaissance n'était pas là d'emblée. Peu de compagnies professionnelles font leur marque en dehors des grandes villes. On a beau se trouver à seulement une heure trente de Montréal, on ne nous prenait pas au sérieux, au début. Jusqu'à ce qu'un premier diffuseur nous donne notre chance, en Abitibi.»
D'autres ont ensuite emboîté le pas. Sursaut est ainsi devenue une compagnie reconnue au chapitre des productions destinées à la jeunesse et aux familles. Au Québec, d'abord, puis dans tout le Canada.
« Pareil rayonnement est une grande réussite. On avait le désir de s'installer et de bâtir quelque chose à Sherbrooke. Malgré les difficultés, on a tenu bon en étant convaincus que c'était important d'investir la région, d'y faire notre chemin. On a réussi notre pari.»
La réputation de Sursaut dépasse maintenant nos frontières. L'an passé, la troupe est partie en Chine présenter sa création, À la nuit tombante. Une première pour une compagnie de danse contemporaine étrangère. Et une première d'autant plus remarquable que Sursaut s'est vu remettre le prix de la meilleure performance du China Children' s Theater Festival. Des discussions sont d'ailleurs en cours pour une nouvelle tournée là-bas, l'an prochain.
« C'est le fruit de beaucoup d'efforts. Je suis très fier de cette réussite», résume celui qui, en plus de gérer les budgets, orchestrer les tournées, jongler avec les chiffres, les dates et tout le tralala, est aussi un artiste à part entière. Danseur depuis 1988, il ne se lasse pas de la scène et du mouvement. À 61 ans, il ne pense pas une miette à la retraite.
« Je suis un autodidacte. Quand je suis arrivé ici, à l'âge de 35 ans, j'avais déjà fait du théâtre, de la lutte, de la mécanique automobile. J'ai rencontré Francine à l'École de cirque, où j'enseignais alors l'acrobatie. Elle m'a parlé de Sursaut, j'ai tout de suite eu envie de plonger. Les planches m'attiraient depuis toujours. Et un de mes rêves était de travailler avec des amis.»
Plus qu'une amie, Francine Châteauvert est depuis la femme avec laquelle Adam Dymburt partage sa vie. En tant que directrice artistique, elle chapeaute les créations. Il se charge ensuite de les faire connaître. Leurs forces combinées ont donné de l'âme et de l'élan à Sursaut. Ensemble, ils ont le souci d'amener l'art dans la vie des enfants et de leurs parents.
« Parce que l'art est essentiel. Tout va vite, de nos jours, mais les enfants ont encore besoin de poésie. De lenteur. De temps doux. L'art permet ça. Il nous enveloppe, nous amène ailleurs. La magie qu'il opère, j'y crois profondément.»