Deux ans de prison pour Raphaël Valois

Acquiesçant à une suggestion commune de la Couronne et de la défense, la juge de la Cour du Québec, Guylaine Tremblay, a condamné Raphaël Valois à deux ans d'emprisonnement ferme pour sept chefs d'accusation, dont celui de conduite dangereuse causant la mort de Frédérick D'Amours Goulet, le 1er juin dernier sur la route de la Grande ligne, à Victoriaville.
« Il n'est pas rare que des gens qui commettent de tels crimes obtiennent trois ans et plus d'emprisonnement. Votre situation est toutefois particulière, vous avez reconnu vos torts dès les premiers moments et vous avez plaidé coupable rapidement, ce qui a été un soulagement pour la famille », a indiqué la juge au moment de prononcer sa décision.
Valois a effectivement joué cartes sur table avec les policiers dès le début, admettant son erreur. Il s'est également inscrit volontairement à une thérapie au Domaine Orford afin de corriger une dépendance à la drogue. Selon le procureur de la Couronne Me Maxime Laroche, la consommation de méthamphétamine peut effectivement avoir eu un rôle à jouer dans l'accident.
Raphaël Valois retournait à la maison après son quart de travail chez VicWest lorsqu'il a aperçu une voiture circulant lentement devant lui avec un clignotant indiquant son intention de tourner à gauche sur le rang Pariseau. Vu la lenteur du véhicule, l'accusé a décidé de le dépasser. N'ayant pas apprécié se faire doubler, le conducteur de la Volkswagen, Michaël Dufour a décidé de prendre Valois en chasse. Il l'a dépassé à son tour à une vitesse avoisinant les 160 km/h. Pendant la manoeuvre, les quatre occupants y sont allés de mimiques à l'endroit de l'accusé.
Se sentant nargué, Valois a de nouveau entrepris de doubler la Volkswagen. À sa hauteur, il a donné un coup de roue afin d'effrayer l'autre conducteur. La manoeuvre a eu un peu trop de succès, la Honda Civic faisant quelques tonneaux. Sous la force de l'impact, D'Amours Goulet, le seul à ne pas avoir bouclé sa ceinture, a été éjecté. Constatant l'ampleur de la situation, Raphaël Valois a rebroussé chemin et a collaboré avec les policiers.
Puisqu'il avait consommé de la méthamphétamine et du cannabis, Valois a également été accusé de conduite avec les facultés affaiblies. Il faisait aussi face à des accusations de possession de cannabis, de trafic de stupéfiants et de bris d'engagement. La peine d'emprisonnement de deux ans est assortie de trois ans de probation, au cours de laquelle il ne pourra pas consommer de drogue, ainsi que d'une interdiction de conduire de quatre ans.
« Je lui pardonne »
Si la perte de son fils constitue un « grand trou noir », le père de la victime, Jean Goulet, a fait preuve d'une grande sérénité, lorsqu'appelé à la barre des témoins. Il a qualifié son fil comme étant un rassembleur, un garçon jovial aimé de tous. Malgré la tristesse qui l'envahit, il ne tient pas de rancune envers les conducteurs qui ont mené son Frédérick à son dernier repos.
« C'est sûr que si M. Valois n'avait pas eu ce comportement agressif, rien de ceci ne ce serait passé. Dans leur excès d'adrénaline, ils ont transformé ça en un genre de course. Pour moi ça demeure un bête accident. Ça ne me donne rien de lui en vouloir pour le reste de mes jours. Je lui pardonne », a-t-il dit, échangeant un long regard avec l'accusé qui n'a pu retenir ses larmes.