Lynn Blouin

Destination Sherbrooke: «Une fusion d'organismes ne se fait pas sans heurts»

Si le conseiller Jean-François Rouleau estime qu'il faudrait un remaniement à Destination Sherbrooke « pour qu'on se remette au travail », sa proposition ne fait pas l'unanimité au sein même de l'organisme paramunicipal. On admet toutefois que le mandat conféré à Destination Sherbrooke est particulièrement large.
Pour la directrice de la commercialisation et des communications Lynn Blouin, il faut laisser du temps aux employés. « Destination Sherbrooke vient de fêter ses trois ans. C'est un organisme fusionné à partir d'autres organismes qui existaient (NDLR : CHARMES, Tourisme Sherbrooke et Sherbrooke, Cité des rivières) et le Centre de foires. Une fusion d'organismes existants ne se fait pas sans heurts. Depuis trois ans, il y a eu déjà assez de remaniements à l'interne. Il faut qu'on donne le temps aux gens de travailler et de bien performer dans ce qu'on leur demande de faire.
« Dans la même semaine, il y a quelqu'un à la maison de l'eau qui s'inquiète des cataractes d'une grenouille pendant qu'au centre de foires, des gens travaillent jour et nuit pour faire du montage et du démontage de salon. En même temps, à Innovation et développement, des gens parlent de projets pour 2017 et au marketing, on parle du plan de placements publicitaires pour le spectacle de la place Nikitotek cet été » illustre-t-elle en caricaturant volontairement la situation.
« La volonté était de fusionner trois organisations et d'ajouter la gestion du centre de foires... C'est ce à quoi on travaille sur une base quotidienne », ajoute-t-elle.
Mme Blouin croit-elle que le regroupement était une mauvaise décision? « Non, parce que tout ça entre dans un mandat récréotouristique, mais le mandat, il est large. »
Le directeur général de Destination Sherbrooke Denis Bernier abonde dans le même sens. « Je respecte l'opinion de M. Rouleau, mais vous comprendrez que je suis en total désaccord avec son point de vue. Destination Sherbrooke est dirigé par un C.A. composé de neuf personnes, soit neuf citoyens et quatre élus, et ils sont en contrôle parfait de ce qui se passe.
« L'objectif de regrouper trois organismes sous un même toit était d'améliorer l'efficacité et la cohérence et ça c'est un succès. Bien que ce n'était pas le but, il y a eu des économies sur le plan financier. On rajoute maintenant le Centre de foires à l'équation. Si on avait une organisation paramunicipale qui devait gérer le Centre de foires, il y aurait combien d'employés? On serait probablement autour de 40 pour l'ensemble du regroupement. Je pense qu'il y a des gens qui se font des idées avec l'ampleur de ce que Destination Sherbrooke peut être et ces gens ne sont pas au fait de ce qui se passe au sein de Destination Sherbrooke. On n'estime pas que le mandat est trop lourd, bien au contraire. On est capables d'en prendre bien davantage parce qu'on a une équipe extrêmement performante. »
La conseillère Chantal L'Espérance n'appuie pas non plus son collègue Jean-François Rouleau. « Je ne suis pas d'accord de revoir le mandat. Destination Sherbrooke a fait de très bons coups. Je peux nommer plus de bons coups que de mauvais coups. Dès qu'il arrive quelque chose comme ça, il y en a qui vont noircir le tableau pour qu'il soit complètement noir et qu'on ne soit plus capables de rien voir. 
« Je pense que M. Rouleau n'a jamais été pour Cité des Rivières ou Destination Sherbrooke, alors je ne suis pas étonnée. Je ne partage pas son opinion, mais je la respecte. Ça suffit le remaniement de structures. Je commence à trouver qu'on ne fait que ça. Je suis arrivée en 2002; on parlait de fusions. En 2004, on a parlé de défusions. Là on parle de réforme de la gouvernance. Je commence à trouver qu'on ne fait que ça et qu'on n'avance pas. Ce qui est important, c'est de parler de développement et de regarder en avant, pas de toujours regarder dans le rétroviseur. »