Destination Sherbrooke: «On a perdu le contrôle!» dit Rouleau

« On a perdu le contrôle! » Le conseiller Jean-François Rouleau ne mâche pas ses mots quand vient le temps de parler de l'organisme paramunicipal Destination Sherbrooke. Le conflit opposant l'organisation à certains commerçants est un symptôme selon lui d'un problème plus important.
<p>Jean-François Rouleau</p>
« Ça fait des années que je pose des questions sur le fonctionnement de Destination Sherbrooke. Je me pose des questions sur le Marché de la gare, sur le Centre de foires, sur les choix culturels à la place Nikitotek et j'invite mes collègues à poser des questions également. Je suis content de voir que la population s'interroge », commente M. Rouleau, assurant que les commentaires négatifs fusent de la part des marchands, des restaurateurs et des hôteliers.
Rappelons que pour la deuxième fois en deux mois, l'Association des gens d'affaires du centre-ville a déploré le manque de communication avec Destination Sherbrooke après avoir appris que deux événements culinaires se tiendraient en même temps au mois de mai.
« On apprend par les médias qu'on perd le train touristique Orford Express et on nous dit que ce n'est pas si grave. Pourtant, je pensais qu'on cherchait à attirer des nuitées. On se chicane aux deux extrémités de la ville pendant que Magog se développe. Je pense que ça prendra un remaniement de l'organisation pour qu'on se remette au travail », suggère Jean-François Rouleau, qui rappelle avoir voté pour la création de Destination Sherbrooke.
« Je pense que ça prendra un remaniement de l'organisation pour qu'on se remette au travail »
« Pas tout mauvais »
Sans jeter la pierre à qui que ce soit, M. Rouleau croit « que la direction est imputable, c'est clair. Mais je veux bien laisser une chance qu'on nous explique. Je suis content que Bernard Sévigny constate qu'il y a des questions à poser et je suis confiant qu'il va faire ce qu'il faut, mais il est certain que ça ne peut pas continuer comme ça. Ils ont raison de dire qu'une partie de la responsabilité revient au conseil de ville, parce que c'est nous qui approuvons les budgets. Et ce n'est pas tout mauvais. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. »
Siégeant au conseil d'administration de Destination Sherbrooke, Danielle Berthold identifie elle aussi un problème de communication. « Le canal de communication entre les différents intervenants semble mince. Ça ne peut pas continuer comme ça. Nous sommes à voir si nous pouvons pourvoir à un poste au conseil d'administration par quelqu'un qui viendrait du centre-ville. Cette proposition a été bien reçue de la plupart des administrateurs. Il sera toutefois impossible de siéger au nom d'une corporation. Il faudra le faire à titre de citoyen. »
Mme Berthold, qui hésite à se prononcer sur le mandat de Destination Sherbrooke, affirme à tout le moins que le sujet n'a pas été abordé au C.A. Elle suggère qu'un agenda unique des événements, diffusé sur plusieurs plateformes, puisse être bâti pour éviter les dédoublements.
La Chambre de commerce de Sherbrooke propose cette option sur son site internet, au www.ccsherbrooke.com/, en cliquant sur l'onglet « Proposer un événement » dans le calendrier. Cet agenda public, ouvert à tous les citoyens, visait lors de sa création à éviter les frustrations provoquées par des événements organisés en même temps.
« Si tous les organisateurs d'événements y inscrivaient leurs activités, il y aurait moins de confusion et de sources de conflits », faisait valoir la Chambre de commerce, hier, dans un communiqué.
La conseillère Annie Godbout croit aussi qu'il faut s'intéresser à la situation. « Il faut se pencher sur les objectifs, ça c'est clair. C'est préoccupant ce qui se passe à Sherbrooke. On est trop petits pour travailler en silos et là, il y a apparence que les gens travaillent en silos. »
Enfin, Julien Lachance y voit une occasion de s'améliorer. « Je crois qu'il vaut la peine d'investiguer, mais de là à savoir qui a raison ou qui a tort, il est trop tôt. Destination Sherbrooke est le fruit d'un regroupement et sa mission n'a été établie qu'il y a trois ou quatre ans. Il sera peut-être aidant de regarder la problématique pour clarifier les orientations que nous lui donnons. Ce sont dans des occasions comme celle-là qu'on peut mieux définir nos objectifs et faire les modifications qui s'imposent.