Desjardins met fin aux visites des résidences pour aînés

La Caisse Desjardins du Nord de Sherbrooke a mis fin depuis quelques semaines à ses visites hebdomadaires aux Résidences Soleil de Sherbrooke, lors desquelles elle permettait aux résidants d'effectuer certaines transactions courantes sur place.
D'autres résidences sherbrookoises s'étaient retrouvées dans la même situation il y a deux ans lors de la construction du nouveau point de service de la Caisse au Carrefour de l'Estrie, et deux autres connaîtront le même sort en août.
Cette décision désole certains administrateurs de résidences, qui jugeaient le service très important pour leurs résidants, tout particulièrement ceux en perte d'autonomie. « On est très attristés que le service ne se donne plus. Nous avons des résidants à mobilité réduite, qui n'ont pas nécessairement de famille proche pour les aider », dit Patricia Thibault, directrice du Manoir Sherbrooke des Résidences Soleil, situé près des Galeries Quatre Saisons. Un employé de Desjardins s'y rendait tous les lundis, et le local était plein tout l'avant-midi et une bonne partie de l'après-midi, soutient-elle.
Une question de sécurité
À la Caisse Desjardins du Nord de Sherbrooke, on affirme que ce sont principalement des considérations de sécurité qui ont mené à cette décision. Lorsque les services sont dispensés dans les résidences, les systèmes informatiques, d'alerte et de caméras ne sont pas aussi efficaces que ceux qui sont en place dans les points de service conventionnels. « S'il arrivait un accident à la personne qui va donner le service, on serait blâmés pour ne pas l'avoir fait dans un contexte sécurisé », explique Maryse Domingue, directrice qualité et soutien aux opérations.
Comme la plupart des résidences touchées offraient déjà sporadiquement un service de navettes pour aller jusqu'au Carrefour à ses résidants, une entente a été prise pour que suffisamment de personnel soit présent à cette succursale de la caisse lors du passage des navettes. Un tel arrangement n'a toutefois pas encore été pris avec le Manoir Sherbrooke.
En raison de leur condition physique, il n'est pas possible pour tous les résidants de voyager par navette. C'est pour cela qu'un suivi personnalisé a été fait auprès de chacun des membres Desjardins concernés, assure Mme Domingue. « On a analysé les besoins transactionnels de chacun, et on ne laisse personne mal pris », dit-elle.
Mme Domingue dit avoir elle-même parlé à des résidants, à des membres de leur famille ou encore à des bénévoles pour s'assurer que tous aient une façon de fonctionner, allant même jusqu'à communiquer avec un pharmacien pour voir si une résidente pouvait dorénavant payer ses médicaments par chèque.
Elle dit toutefois comprendre les appréhensions des résidants. « C'est sûr que changer des habitudes, on est conscients que c'est toujours dérangeant au début », dit celle qui croit qu'une fois les nouvelles routines installées, les choses se passeront bien. « Je pense que d'ici quelques mois, les gens vont nous dire que ça les fait sortir, qu'ils voient du monde », espère-t-elle.